Comment organiser l’écriture d’un roman – suite et fin

Nous avons vu avant-hier (ici) comment j’en étais venu à imaginer une façon efficace (pour moi, en tout cas, mais pourquoi pas pour vous aussi ?) d’écrire un roman.

Puis, hier (ici) , j’ai décrit la façon dont j’avais échoué, par le passé, à écrire un roman, avant d’aborder la façon générale dont je m’y suis pris l’an dernier, pour l’écriture du tome 1 (à paraître début ou mi 2016 en auto-édition) des Terres Sombres.

Aujourd’hui, nous allons rentrer dans les détails (et conclure !).

Pour rappel, nous avons donc comme matériaux de base :

— Une intrigue générale synthétique

— La scission de cette intrigue générale en six parties distinctes prévues pour tenir en 10 000 mots environ, mais dont le synopsis reste encore volontairement vague à ce stade (quelques phrases, des actions, des personnages à faire figurer, des morceaux de dialogue, etc.)

— Des fiches détaillées de personnages (y compris leur passé)

— Une volonté de fer !

Après avoir rassemblé tous ces éléments, j’ai donc défini le scénario (d’une façon nettement plus structurée, à présent) des deux premiers épisodes.

J’insiste sur ce point : il s’agissait de « synopsiser » uniquement les deux premiers épisodes ! L’idée étant d’éviter de s’épuiser en synopsis en voulant à tout prix TOUT détailler, jusqu’au mot « FIN », et ce, avant même d’avoir jeté la première ligne de premier jet sur le traitement de texte.

Puis, j’ai entamé le premier jet (toujours des deux premiers épisodes uniquement) et ce n’est qu’une fois les deux épisodes achevés, relus et corrigés (y compris la traque des répétitions), que je suis passé à l’écriture détaillée du scénario des deux épisodes suivants, et ainsi de suite !

Un avantage indéniable à cette technique, c’est que ça me permet d’alterner les différentes phases de l’écriture, à savoir :

1/ Premier jet : souvent un moment de bonheur, quand on ne s’appesantit pas trop sur les défauts inhérents à cette phase de l’écriture.

2/ Relecture : déjà plus fastidieux, puisqu’on le connaît bien, son texte !

3/ Corrections de base : reformulations diverses, traque des répétitions, etc…

4/ Corrections suite aux retours des lecteurs-tests / alpha-lecteurs / bêta-lecteurs

Alterner ces phases permet d’éviter l’écueil « montagne insurmontable / escalade de l’Everest » au moment de se coltiner (le mot est faible) la relecture / les corrections / l’élimination des répétitions d’un énorme bloc de 500 000 / 750 000 / 1 000 000 de caractères (espaces compris ou non, on s’en fout bien, à ce niveau).

Franchement, vous voulez mon avis ? Me dire que je vais devoir réduire les 10 000 répétitions de mon roman de 200 000 mots me bloquerait irrémédiablement. Alors que me frotter aux 500 répétitions de mon épisode de 10 000 mots, ça oui, je suis capable de l’envisager. Pourtant, une fois que vous aurez écrit 20 épisodes, vous aurez effectué exactement la même somme de travail ! Sauf que vous ne l’aurez pas vu passer, ce travail.

En synthèse : alterner les phases de travail permet de réduire le temps à passer sur chacune d’entre elles.

Autre avantage : cela me permet aussi de réduire le travail nécessaire en amont (2 épisodes à synopsiser et non pas 6, voire plus si affinité).

Je suis donc en mesure de me mettre plus rapidement à l’écriture à proprement parler !

Scinder les phases d’écriture détaillée de mes synopsis me permet aussi d’intégrer plus facilement dans le scénario des événements ou des personnages non prévus initialement (et ça m’arrive fréquemment).

N’oubliez pas : le texte « en aval » (qui n’existe à cet instant que sous la forme d’un rapide et encore très synthétique synopsis) est quand même plus simple que de corriger un texte que vous avez déjà rédigé.

Les résultats :

Avec cette technique, j’ai terminé un roman de près de 55 000 mots en trois ou quatre mois l’an passé, sans me lasser un seul instant. Sur mon précédent roman, j’avais fini par jeter l’éponge au bout de cinq ans.

Ça fait tout de même un sacré distinguo, non ?

Cette année, avec cette technique, je suis en passe de terminer la rédaction d’un nouveau roman (de près de 80 000 mots, cette fois-ci) en à peine plus de cinq mois.

Là où je pense que ma « technique » est universelle, c’est qu’elle peut se résumer à ces petites phrases toutes simples :

 

1/ Achetez-vous de la colle à cul !

Hé oui, il faut savoir rester vissé sur sa chaise et écrire, tout simplement. Trouvez l’endroit où vous sentez le plus à l’aise, faites taire cette petite voix qui vous dit que vous avez d’autres trucs à faire plus important, et écrivez !

2/ Ne regardez pas la montagne, focalisez-vous sur le chemin à vos pieds !

Encore une fois, « à chaque jour suffit sa peine », non ? Vous verrez, à la fin, vous serez surpris d’avoir écrit tant de mots quand vous les mettrez bout à bout.

Soit dit en passant, il n’y a pas que lors de l’écriture d’un roman qu’il peut être utile de « diviser une tâche insurmontable en plus petites tâches ». Je pense que ça peut s’adapter à tout. Voyez cet article de blog ! J’aurais pu vous assommer avec ses plus de 3 000 mots en une seule fois, avant-hier. Auriez-vous apprécié ? Je ne crois pas. Les journées ne font que vingt-quatre heures et ont a tous trop de choses à faire.

De plus, cela apporte à mon blog une visibilité supplémentaire, car étalée sur trois jours.

Je pense d’ailleurs que c’est aussi valable pour des publications sur Amazon, par exemple. C’est d’ailleurs aussi pour cette raison que je divise mes romans en épisodes, désormais : ainsi, je peux proposer à la vente des épisodes à publication mensuelle. Je vais me lancer dans cette méthode de publication à compter du 15 juillet prochain, pour mon projet du « Chant de l’Arbre-Mère »

N’oubliez d’ailleurs pas que vous pouvez toujours vous procurer gratuitement ce roman-feuilleton en vous rendant ici, sous la forme d’une souscription : vous recevrez les épisodes 2 semaines avant publication, directement dans votre boite mail)

C’est même vrai en terme de prix. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il me semble que davantage de gens sont prêts à payer 0,99€ pour une nouvelle de 20 pages que 9,99€ pour un petit roman de 200 pages.

De la même façon, et dans un domaine différent, il me semble bien que les petits appartements ont un coût de location au m² supérieur à celui des plus grands appartements (de même standing, bien sûr. Comparons ce qui est comparable).

Pourquoi les portions individuelles se sont-elles autant développées, selon vous ? Bien sûr, il y a le fait qu’on vit plus longtemps seul chez soi qu’avant. Mais à mon avis, s’y ajoute la crainte de trop débourser d’un coup.

Bref, je scinde mes romans, non pas seulement pour une question d’organisation, mais aussi de pricing et d’accessibilité. Je tiens à ce que toutes les bourses puissent s’offrir mes épisodes. C’est d’ailleurs pour cette raison aussi (et par esprit marketing, avouons le) que le premier épisode du « Chant de l’Arbre-Mère » est prépublié sur Wattpad et qu’il sera disponible à titre gratuit sur les plateformes telles Amazon.

3/ Alternez les phases !

Premier jet / relecture / corrections / re-relecture / re-corrections / etc.

Qu’on les apprécie ou pas (là, ça dépend des gens. Moi, je préfère le premier jet), toutes ces phases sont nécessaires. Divisez-les et vous régnerez. Regroupez-les et elles vous écraseront sous le poids de la procrastination et du sentiment éventuel de culpabilité.

Enfin, dernier conseil :

4/ Quand vous premier-jetisez, coupez vous du monde !

Ou presque, en tout cas. Rien de plus déconcentrant que d’entendre les alertes Facebook ou de messagerie.

Pour éviter ce problème des sollicitations extérieures, jusqu’à l’année dernière, j’écrivais d’abord sur papier (ordinateur coupé) puis je recopiais. Durant cette phase de recopie, focalisation sur le texte aidant, je n’étais que très peu déconcentré même en cas de biiip Facebookien. Cependant, et malgré les quelques avantages que je trouvais à écrire d’abord sur papier, j’ai fini par me dire que ça me prenait trop de temps.

J’ai donc réquisitionné mon mini ordi (un eee-pc de faible puissance). Impossible de jouer dessus, même internet rame à mort. En outre, depuis janvier, encore une fois, j’ai quatre heures de trajet maison-travail chaque jour. Ça peut sembler beaucoup (non, ça peut semble énorme !), mais quand on y pense, au cours de ces trajets, je n’ai pas internet. Qui plus est, je suis assis. Casque dans les oreilles, je pose mon sac à dos sur mes genoux, mon ordi-mini sur ledit sac, et hop, dans ma bulle !

Et là, j’écris. Entre lundi matin et mardi soir, en deux allers-retours, donc, j’ai jeté près de 8 000 mots sur le traitement de texte. Elle est pas belle, la vie ?

« FIN ».

Vous voyez, je ne vous avais pas menti : le voilà, le mot « FIN ».

Tous ces conseils sont à prendre ou à laisser, ou encore à adapter librement, cela va sans dire.

Mais une chose est sûre : ces conseils que je viens d’énumérer me paraissent simplement « de bon sens » et je pense sincèrement qu’ils peuvent s’appliquer à beaucoup de cas différents du mien, vous ne trouvez pas ?

Alors… À bon entendeur ! 😉

PS: vous avez aimé cet article? Si c’est le cas, je suis sûr que ça peut intéresser les gens qui vous entourent, dans ce cas, alors n’hésitez pas à commenter ou à partager. 🙂 Merci pour l’auteur ! 😀

Vous n’avez pas aimé cet article? Dites nous pourquoi: c’est par l’acceptation de la critique constructive qu’on progresse!

Bien à vous.

 

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comment organiser l’écriture d’un roman

Bonjour tout le monde ! Ou plutôt, « bonsoir ».

Bousculant un peu mon planning blogesque, j’ai choisi de réagir aujourd’hui à un récent article de Jérémie Lebrunet (très intéressant au demeurant, je vous invite à le consulter).

Il s’agissait pour Jérémie de résumer la façon dont il s’était organisé pour écrire un début de roman (35 000 mots tout de même) en un mois. C’est le principe de base du « camp nanowrimo » ou « National Novel Writing Month ».

Pour la petite histoire, je n’ai jamais participé à ce genre d’événement. Peut-être un jour, sait-on jamais.

Or donc, me direz-vous, trêve de blabla : « comment convient-il de s’organiser pour écrire un roman » ?

« Nom d’un petit bonhomme », ajouterai-je même, paraphrasant ainsi Yogh Art lorsqu’il s’est aperçu que son projet d’artbook sur Ulule en était rendu à 40 % de financement, deux petites heures après son lancement. J’ai d’ailleurs contribué : Yogh Art est un brillant illustrateur qui gagne à être connu et qui collabore avec des maisons d’édition, mais aussi à l’élaboration de jeux vidéo et / ou de rôle, etc.

Mais assez d’apartés, venons-en au vif du sujet :

J’ai cherché (un peu) sur internet, et j’ai trouvé trente-six mille sites qui donnaient leur méthode (au moins !).

Parmi tout ce foisonnement, j’ai notamment feuilleté :

  • L’article du site « ecrire-un-roman.blogspot», qui se focalise sur l’utilisation d’un planning (et qui donne d’autres liens dans l’article)
  • L’articule du site « enviedecrire.com» qui s’appesantit sur l’intérêt de ne pas rester isolé dans son coin, mais définit aussi quelques étapes « essentielles » pour l’écriture d’un roman.
  • Le site « http://devenir-ecrivain.com» aurait plutôt tendance à donner des conseils plus généraux. On y trouve notamment l’idée qu’il ne s’agit pas de travailler en solitaire, mais on y tord aussi le mythe de la Muse au profit de la notion de « travail ».

Et tant d’autres encore… C’est à vous en donner le tournis…

Je ne prétendrai pas être plus malin que ceux qui m’ont précédé sur cette notion d’organisation du travail (j’insiste sur ce mot de « travail » !) d’écriture d’un(e) encyclopédie / roman / novella / nouvelle / micro-nouvelle / pépin / etc.

Je me contenterai de vous faire part de ce qui marche en ce qui me concerne !

Adaptez à votre cas, prenez, jetez, faites comme bon vous semble. Moi, en tout cas, je compte m’y tenir. Sachez seulement qu’il s’agit d’une « technique » suffisamment « lâche » (dans le sens « pas trop rigide ») pour convenir à pas mal de gens (toujours « selon moi »).

Mais laissez-moi d’abord vous raconter une histoire : celle d’un (tout jeune) auteur qui, auréolé (olé olé) d’un glorieux retour d’une maison d’édition sur l’un de ses écrits (son tout premier — tout petit — roman, en fait, qui récolta comme avis : « votre intrigue est naze, mais vous avez un talent certain pour l’écriture »), se dit qu’il va écrire le roman de sa vie.

Il se lance donc sur un nouveau projet de roman, qu’il devine plus abouti que le premier essai / échec.

Il continue sur sa lancée.

Parvenu à la moitié, il s’essouffle.

Les grandes vacances (il est encore étudiant) arrivent sur ces entrefaites et le coupent dans son élan.

Il ne reprend jamais l’écriture de ce roman (un jour, peut-être ?)

Cinq ou six ans passent, sans la moindre ligne couchée sur l’écran… Un concours de nouvelle le tire, un temps, de sa torpeur, puis plus rien pendant encore deux ans de plus.

Survient un concours de roman, parrainé par Harper Colins.

Bon. Qu’à cela ne tienne ! Je vais transformer ma dernière petite nouvelle en un roman !

Il se lance vraiment très fort, cette fois : il écrit jusqu’à minuit, une heure du matin presque tous les jours pendant plusieurs mois !

Il continue sur sa lancée, mais la date fatidique approche à grands pas.

N’ayant pas construit de synopsis au préalable, il s’essouffle, se perd dans des contradictions de plus en plus visibles et difficiles à corriger.

Il jette l’éponge. Il reprendra ce roman… Un jour, peut-être ?

Cet homme là, comme vous l’aurez compris, bande de futés que vous êtes, c’est moi avant de découvrir ma « technique secrète ».

Car oui, ça, c’était « avant » !

« Avant » que je n’abandonne les céréales et que j’opte pour le café noir.

Aujourd’hui, tout a changé, je ne suis plus cet « autre » qui ne finissait jamais ses romans. Je suis sérieux.

Entre temps, il s’est passé trois choses :

1/ J’ai progressé.

Pour ça, j’ai participé trois mois durant à un atelier d’écriture hebdomadaire sur paris.

J’ai bêta-lu et je me suis fait bêta-lire sur Cocyclics.

J’ai demandé à des contacts Facebook éclairés (entendez « travaillant en comité de lecture de maisons d’édition ou à tout le moins gravitant autour de ce petit monde ») leur avis sur ma capacité à être publié un jour. Joie, la réponse fut « Yes, you can ! ».

J’ai écrit des nouvelles et des micronouvelles. L’avantage ? Je me suis entraîné et j’ai glané au passage pas mal d’avis positifs de lecteurs qui m’ont copieusement encouragé dans cette ardue voie de l’écriture. Ça aide !

2/ J’ai gagné en rigueur et en régularité.

J’ai cessé d’attendre que ma muse daigne se pointer au balcon à la façon « Sœur Anne, Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »

La réponse était, le plus souvent : « Je ne vois que la page blanche qui blanchoie et le jeu vidéo qui démarroie… »

Imaginez un peu le désarroi !

J’ai donc commencé à écrire tous les jours, ou presque. Bon, le week-end, c’est plus difficile : il y a les enfants qui crient partout autour de vous et tout ça.

Mais le reste du temps, c’est clair que je suis bien aidé par mes quatre heures de trajets maison-travail quotidiens, au cours desquels je suis assis (ouf !). J’écris donc surtout dans le train. Hier, j’ai (ac)couché de près de 4 000 mots dans ce laps de temps, idem aujourd’hui. C’est sûrement mon record et je ne l’atteins que rarement, rassurez-vous. Je ne suis pas un surhomme, non plus !

3/ J’ai repensé à une phrase célèbre.

Pardonnez-moi, je n’ai pas retrouvé la citation exacte, mais le sens était le suivant : « si une tâche te semble insurmontable, divise-la en plusieurs tâches difficiles. Puis, divise ces dernières en d’autres tâches, encore moins complexes, et ainsi de suite ».

Autrement dit, « à chaque jour suffit sa peine ». De la sorte, on court moins le risque de se faire écraser par l’ampleur du travail restant à réaliser.

« Tout cela est bien joli », me direz-vous à juste titre, « mais cela ne nous dit pas comment tu appliques ce précepte dans la pratique. »

Ne vous inquiétez pas, je compte bien aborder ce sujet ! Mais ça, ce sera demain, si vous le voulez bien !

Hé oui, j’ai atteint mon quota. 🙂

« Point trop n’en faut ! »

Je compte sur vous pour être au rendez-vous demain, à 20h précises ! (si je ne me plante pas dans la planification, pour une fois ^^’)

En attendant, je vous souhaite une bonne soirée !

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le statut si particulier de l’auteur indépendant

De quoi devions-nous parler, aujourd’hui, déjà ?

Ah oui, du « Statut de l’auteur autoédité et de son rapport au monde de l’écriture en particulier, de l’édition en général ».

 

Il y a encore quelques semaines, je croyais qu’il fallait être auto-entrepreneur pour déclarer ses revenus d’auteur autoédité. J’ai même fait les démarches pour monter mon auto-entreprise. J’étais censé recevoir les papiers sous deux semaines, mais depuis, nada, je n’ai rien reçu. Déception ? Pas vraiment, comme on va le voir :

 Figurez-vous qu’il n’est pas nécessaire de monter son auto-entreprise !

ATTENTION: il semble que ce qui suit sur la déclaration en BNC ne concerne que les « royalties » et pas l’achat / vente de livres papiers.

Par « royalties », j’entends la somme nette de frais versée, par exemple, par Amazon.

A voir si ça concerne aussi les ventes papier réalisées, par exemple, suite à une commande d’un libraire via http://www.bod.fr.

Autrement dit: l’achat / revente de livres papier (ce qui inclut notamment les « dépôt ventes » auprès de libraires) tomberait sous la définition des bénéfices commerciaux, ce qui impliquerait d’avoir un statut particulier (auto-entreprise?)

Dans tous les cas, n’hésitez pas à vous retourner vers votre centre des impôts. Ils sont les plus à même de vous informer, même si parfois il y a des ratés.

Par exemple: NON, en tant qu’auteur indépendant, on ne s’affilie pas auprès de l’AGESSA, contrairement à ce que mon centre des impôts à essayer de m’indiquer. Au contraire, même: l’AGESSA ne veut PAS entendre parler de nous.

Nos « royalties » (y compris sur l’achat / vente de livres papiers) ne sont PAS des droits d’auteurs au sens où l’entend l’AGESSA, qu’on se le dise.

Bref, dans le cas unique de versement de royalties (notamment sur la vente d’ebooks), donc, il « suffit » de déclarer ses revenus au titre des BNC (bénéfices non commerciaux). Il existe un formulaire fiscal pour ça, qui porte le joli nom de 2042C pro. Les lignes concernées sont les suivantes : 5KU (base d’imposition)/5HY (base de prélèvements sociaux).

Le montant des recettes encaissées ne devra pas dépasser le plafond du régime des BNC, à savoir 32 900 € HT (jusqu’à prochain relèvement de barème, bien sûr). Sur les montants déclarés :

 

1/Le fisc vous calculera automatiquement un abattement pour frais professionnels de 34 %, avec un minimum de 305 €

Ce qui signifie que vous ne payez rien en cas de recettes inférieures à ce montant

 

2/ Le fisc vous appliquera alors un taux de prélèvements sociaux (a priori) de 15,5 % sur vos revenus. Normal : il faut payer des cotisations sur tous les types de revenus, pas seulement en tant que salarié d’une entreprise.

 

3/ Le fisc vous appliquera enfin un taux d’imposition qui, j’imagine, dépendra de vos revenus ? Selon un barème progressif ? Je suis dans l’inconnu, en l’occurrence. Si vous avez l’expérience de ce formulaire, n’hésitez pas à me compléter.

 

Jacques Vandroux en parle dans son blog (ici). Il a copié-collé ses échanges avec le fisc, je vous suggère donc d’aller y jeter un œil. Il n’y a d’ailleurs pas que ça d’intéressant sur son blog, en tant qu’autoédité ou en tant que lecteur.

 

Ça, c’était pour la partie « fiscal / administratif » du statut d’auto-entrepreneur. Bon, ok. Mais il n’y pas que ça dans la vie, et c’est heureux ! Il y a aussi la place de l’autoédité dans le vaste monde de l’écriture et de l’édition.

 

Déjà, il y a quelques nuances à avoir bien en tête : plusieurs modes d’édition cohabitent.

 

1/ L’édition à compte d’éditeur :

C’est la voie « traditionnelle » par excellence. Soit. Je n’ai rien contre les éditeurs, qui font en théorie un travail d’écrémage puis de correction et de mise en forme des manuscrits qui leur parviennent.

L’avantage : l’auteur ne paye rien.

L’inconvénient : l’auteur renonce à tous ses droits sur son œuvre. Pour une durée certes déterminée à l’avance, mais il peut tout de même s’avérer très complexe de récupérer ses droits même lorsqu’on a la loi avec soit.

 

2/ L’édition à compte d’auteur :

Là, c’est l’auteur qui paye tout ! Et en plus, la « maison d’édition » (en fait, un simple prestataire de service) fait payer très très cher les « services rendus » du type :

a): Correction orthographique :

Bon à savoir : le tarif réel en vigueur est d’environ 1 € les 1 000 caractères.

b): Mise en forme du manuscrit (maquette) pour impression papier ou ebook.

J’ignore les tarifs réels de ce type de prestation.

c) : Création de la couverture :

Les tarifs d’un pro peuvent se monter à 1 500 €, mais des sites proposent ce genre de service à moindres frais. C’est notamment le cas du site le cas de Kouvertures, dont les premiers tarifs commencent à 80 € euros et atteignent apparemment 200 € au maximum.

Ce site de création de couvertures est notamment utilisé par Jacques Vandroux ou David Forrest

Bonus intéressant : si vous commandez une seconde couverture en même temps, la seconde vous est facturée 40 €. Il faudrait vraiment que je me penche sur la question à l’avenir. D’un autre côté, j’aime bien faire travailler des illustrateurs, alors… Cruel dilemme.

d) : Promotion :

Je n’ai pas de prix en tête, mais j’imagine que ça peut vite grimper, les frais de promotion.

e) : Participation aux frais de tirage de l’édition papier :

Là, dans le cas spécifique de l’édition à compte d’auteur, c’est juste du vol dans la plupart des cas, avec des livres qui peuvent vous coûter un bras à imprimer. Difficile à rentabiliser, derrière, à moins de vendre très cher. Et qui va acheter « très cher » à un inconnu ?

Sachez que des sites comme Createspace, Lulu, Book on demand, imprimervotrelivre.com, par exemple, peuvent imprimer vos livres à prix réduits.

Renseignez-vous ! Ne vous faites pas arnaquer !

Petite info intéressante sur « imprimervotrelivre.com » : leurs tarifs d’impression ne font pas partie des moins chers sur le marché, MAIS : la livraison est gratuite.

Comprenez bien que si vous faites imprimer via createspace, par exemple, vous aurez non seulement des frais de port (qui peuvent être élevés), mais AUSSI des droits de douane à payer (jusqu’à 1 € par livre, dans mon cas).

Il paraît que Pierre Soubié, du site imprimervotrelivre.com est très accessible et à l’écoute des autoédités. Un imprimeur à tester, donc, surtout qu’ils prennent en charge le dépôt légal et l’attribution d’un ISBN gratuitement si vous imprimez 100 livres chez eux.

Cerise sur le gâteau, c’est une entreprise française et vous ne perdrez pas vos droits.

Et ce, contrairement à un éditeur ou à un prestataire tel que Book on demand, qui même s’il vous laisse vos droits en tant que tels, exigera tout de même la signature d’un contrat d’un an. Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien puis sélectionnez l’onglet « contrats ».

Pour rappel : le dépôt légal est une obligation à partir de 100 livres imprimés.

D’un autre côté, Book on demand vous simplifiera a priori la vie si vous voulez être distribué en librairie (je n’ai pas encore testé).

Après ce long aparté « imprimeurs », revenons à nos moutons, à savoir : les différentes voies de l’édition. Il nous en restait une à voir ensemble, et je… ah, mais on me signale que j’ai atteint mon quota maximal de mots pour aujourd’hui (j’en vois d’ailleurs plusieurs qui baillent, au fond !), alors… La suite, ce sera pour demain, si vous le voulez bien !

En attendant ce moment, je vous souhaite un bon samedi à tous et à toutes !

Et je vais de ce pas me faire un café, moi… ^^