Le mythe de la rémunération de 70% d’amazon et autres peccadilles chiffrées

[EDIT: il semble qu’obtenir des infos fiscales justes soit un exercice délicat.

Donc:

DISCLAIMER !!!

Ce blog en général (et cet article en particulier) n’a pas (n’aura jamais!) vocation à donner des conseils en matière de fiscalité. Les calculs que j’effectue, d’une part, ne sont valables qu’à un moment « M » (les règles fiscales évoluant chaque année) et d’autre part, permettent AVANT TOUT de vous faire une idée générale sur la situation des uns et des autres.

Si vous souhaitez devenir auteur indépendant, renseignez-vous auprès des autorités compétentes avant de remplir votre déclaration fiscale! Mais gardez à l’esprit que 1/ si vous vendez vous-même vos livres papiers, vous devez avoir un statut (type auto-entrepreneur ou association). 2/ si vous ne vendez que des ebooks ou livres papiers via un prestataire tel que www.bod.fr ou createspace, vous n’aurez besoin que de déclarer vos revenus sous forme de BNC non professionnel.

FIN DE DISCLAIMER

D’autre part:

Malgré mes quelques allers-retours avec le fisc et l’Agessa, des erreurs subsistaient dans mes calculs initiaux. Je pense avoir à peu près tout corrigé, mais n’hésitez pas à me signaler toute imprécision que vous auriez repérée.

Jacques Vandroux a signalé à ma connaissance le lien suivant, pour bien comprendre les charges pesant sur les revenus des auteurs traditionnels (infos AGESSA): Cliquez ICI pour consulter les infos en question.

Concernant les auteurs indépendants, deux solutions, taxées différemment:

1/ L’auto entreprise: cf ICI pour obtenir les taux de charges sociales sur CA (« Son montant est calculé en appliquant un taux forfaitaire au chiffre d’affaires (ou aux recettes) réellement encaissé »)

Il faut ajouter à cela 2,2% d’impôts (en cas de prélèvement libératoire, soumis à condition de revenus. Cf ICI)

2/ La déclaration en BNC non professionnels:

N’hésitez pas à consulter le très intéressant article de Jacques Vandroux, sur son site ou à vous rendre sur le site que j’indique moi-même un peu plus haut.

Les charges passent à 15,5% des revenus nets, après un abattement de 34%. Ce qui revient à appliquer un taux de 10,23% sur la totalité de vos revenus réellement perçus.

FIN DE L’EDIT]

Bonsoir tout le monde !

Aujourd’hui, j’ai décidé de m’attaquer à un mythe assez communément répandu. On pourrait même dire que dans l’esprit de beaucoup d’auteurs désireux de passer à l’autoéditionpublication, c’est (trop) souvent le premier, voire le principal critère invoqué : « un auto-édité gagne mieux sa vie qu’un auteur édité de façon traditionnelle ». Entendez par traditionnel : « édité via une maison d’édition ».

  • Appelons ces auteurs les « tradis » par opposition aux auteurs « indés» (autoéditéspubliés) pour plus de commodités dans le reste de l’article.

Ouvrons la parenthèse: « Si vous voulez savoir pourquoi j’ai barré le mot « édité » ci-dessus, pour le remplacer par « publié », disons que je vois une nette différence entre auto-édition et auto-publication

Dans un premier cas, un auteur prend en charge la partie « éditoriale » du travail en s’occupant de façon sérieuse des corrections, de la couverture, du marketing (éventuellement : le marketing est la partie la plus souvent omise, même par les autoédités, car elle n’est pas directement liée à l’écriture), etc.

Dans le second cas, l’auteur ne voit pas de problème particulier à publier sur un site payant (type Amazon) un texte de type premier jet. » Fermons la parenthèse.

Retour au sujet : un auteur tradi gagnerait donc moins bien sa vie qu’un auteur indé ?

Bon alors, oui, mais non. Ça dépend, ça dépasse, en fait.

Je ne vais pas vous assommer avec des chiffres, mais… euh… en fait, si, je vais le faire, mais aujourd’hui ce sera en douceur, alors profitez-en ! ^^;o;^^ (elle est pas belle ma chauve-souris-smileys ?)

 

Tayaut, tayaut !

 

JOUR 1 : « démystifions les revenus des auteurs indés et faisons en sorte de pouvoir les comparer à ceux des auteurs tradis ». La tâche est rude, retroussons nos manches.

Déjà, premier oubli (un brin hors sujet voire même en violent contresens avec le reste de l’article, mais ça me paraît important de clarifier ce point dès le départ) :

Quand un tradi touche 10 % [EDIT: sur un livre papier. La moyenne de gains d’un auteur tradi sur un ebook est de 25%, avec un maximum de 50%], c’est qu’il a de la chance. J’ai lu sur le blog d’une illustratrice BD qu’elle acceptait de ne toucher que 4 %, et qu’on lui avait déjà suggéré d’accepter 2 %. Oui, c’est une illustratrice, pas une auteure. Bon. Cela fait-il une telle différence ? Et puis, je suis sûr que des tradis, là, dehors, perdus dans la vaste jungle de l’édition, ne toucheront jamais plus que 6 % sur leurs ventes. Détrompez-moi, je n’attends que ça !

On me souffle à l’oreillette que les maisons d’édition sérieuses versent des a-valoir. C’est vrai.

Je suis au courant, pour avoir fait du contrôle de gestion dans deux filiales du groupe Hachette au tout début du vingt-et-unième siècle (ça paraît déjà tellement loin…).

Quelque chose me dit d’ailleurs que c’est la première et véritable source de revenus des petits et jeunes auteurs tradis. Combien d’entre eux toucheront un jour davantage que leur a-valoir ?

Du coup, cette somme versée avant même les premières ventes a le mérite d’exister, bien qu’elle semble se réduire comme peau de chagrin, ces derniers temps… Et certains éditeurs (mais sont-ce vraiment des éditeurs ?) peu scrupuleux (j’insiste sur ce terme « peu scrupuleux » car je ne veux pas que vous croyiez que je généralise !) vont (paraît-il) jusqu’à prévoir une clause de restitution de l’a-valoir, voire se remboursent d’un a-valoir payé à l’édition d’un livre X en ne versant tout simplement pas d’a-valoir sur le livre Y, selon le principe de l’étalement d’un a-valoir sur plusieurs livres. Ou « comment ne pas payer l’auteur ».

De plus, les petites maisons d’édition n’ont que rarement les moyens de payer un a-valoir à leurs auteurs, donc… Gloups. Il faut le savoir.

Attention : je ne suis pas en train de tirer sur les éditeurs, en l’occurrence. J’écrirai un article, dans un proche avenir, dont le titre sera : « Cassons le mythe du Vilain éditeur qui paie ses auteurs au lance-pierre ». Mais demain est un autre jour. Restons en à aujourd’hui, si vous le voulez bien.

Ensuite, second oubli :

Les sous qui tombent dans la poche des tradis ne sont pas les mêmes que ceux qui tombent dans la poche des indés. Figurez-vous que les charges sociales ont déjà été prélevées à la source dans le cas des tradis et pas dans celui des indés.

Ces derniers doivent donc débourser, au choix, 22,9 % (déclaration en tant que BNC professionnels) environ en tant qu’auto-entrepreneurs + 2,2% d’impôts s’ils ont droit au prélèvement libératoire, soit environ 25,1% au total. ATTENTION: cela peut changer d’une année sur l’autre. Cf ICI.

Flash info: la démarche d’enregistrement en tant qu’auto-entrepreneur est à réaliser auprès de l’urssaf, pas de l’Agessa: un indé ne touche pas des droits d’auteur aux yeux de l’Agessa.

Deuxième possibilité: déclaration au titre des BNC non pro: 15,5% de vos revenus nets selon l’article de Jacques Vandroux, APRES application d’un abattement de 34%.

Dans ce dernier cas (BNC non professionnel), c’est uniquement à condition qu’on se cantonne aux ebooks ou à la vente de livres papier vendus via des systèmes tels que Createspace ou http://www.bod.fr ! Parce que si l’on parle des livres papiers achetés par l’auteur lui-même pour les revendre ensuite (sous le manteau), là, le BNC ne s’applique pas et dans ce cas :

1/ Il faut un statut particulier (auto-entrepreneur ou association loi 1901, par exemple, mais attention au risque de requalification fiscale en Société Commerciale dans ce cas)

2/ Dans le cas de l’auto-entrepreneur, vous passez directement par la case 25,1 % de charges sociales + impôts (ça peut changer, les lois fiscales étant ce qu’elles sont).

Donc, les 70 % de gains sur Amazon étant AVANT charges sociales, l’auteur touche en fait :

1/ Petit calcul préalable: 15,5% de charges sociales sur 66% des revenus nets, c’est équivalent à 10,23% de charges sociales sur 100% des revenus nets. Donc:

70 % * (1-10,23 %) = 62,84 % avant impôts, au titre des BNC (déduction faite des 16% de charges sociales) ;

2/ Dans le cas de l’auto-entrepreneur, on a 22,9% (23,1% en 2016) de charges sociales sur le CA réellement encaissé, donc:

70 % * (1-22,9%) = 53,97 % avant impôts en tant qu’auto-entrepreneur (déduction faite des 25% de charges sociales).

Ça fait déjà moins, non ? Certes, cela semble toujours plus intéressant que les 10 % des auteurs tradis.

Attention, flash info « Tradi »: un auteur tradi ne touche pas, lui non plus, la totalité de ces fameux 10%. Sur cette somme, il doit reverser à l’AGESSA 9% environ s’il n’est pas affilié, taux qui passe à 20% environ s’il devient affilié. Mais bon, ça reste 8% à 9% de droits d’auteurs au lieu de 10%. A ce niveau là, cela fait-il une grosse différence ? Pour les personnes concernées, il est clair que Oui, ça fait une différence. Surtout qu’il faut encore ajouter 8% de cotisation au RAAP (taux en passe de devenir une réalité, cf cet article) au titre de la cotisation retraite complémentaire.

Autre problème : si vous choisissez l’option « 70 % » sur Amazon, ces derniers vous prélèveront des charges en fonction du poids (en méga-octet) de votre ebook, officiellement au titre des frais de livraison (on parle bien d’un ebook, hé oui).

Et ça monte vite, jugez plutôt : pour chaque MO supplémentaire, c’est 12 centimes qui passent directement dans la poche Amazonienne. Donc, avec un ebook vendu 2,99 € et pesant 3MO, vous touchez réellement :

(2,99 € * 84 % * 70 %) -3*0,12 = 1,404 €

Or : 1,4/2,99 = 47 % et non pas 70 %, ni même 59 % !

Et n’oubliez pas que pour prétendre toucher 70 % de marge, encore faut-il vendre son ebook à 2,99 € sur Amazon, par exemple. Ce n’est pas si simple que ça en a l’air. Sinon, en dessous de 2,99 € (ou au-dessus de 9,99 €, d’ailleurs), ce sera 35 % sur Amazon. D’autres plateformes (telles que Google Play) proposent des royalties à 50 % quel que soit le prix de vente de votre ebook.

Il y a une exception récente : Iggybook (cf plus bas). En vendant via leur site (attention : formule payante !), vous ne toucherez pas 70 % sur la vente de vos ebooks, mais 100 % (oui, vous lisez bien). A ce propos: j’ai moi-mê créé un site Iggybook (gratuit à l’heure actuelle). Charlie Bregman l’a fait aussi et il s’en sert pour publier des articles.

Mais :

1/ Il faut pour cela verser une somme forfaitaire se montant à environ 10 € par mois si vous payez à l’année, et 15 € par mois si vous payez mensuellement.

2/ N’oubliez pas d’en soustraire les commissions paypal (0,25 € + 3,4 %). Sur un ebook vendu 0,99 €, la commission paypal représente déjà près de 28 % qui n’iront pas dans votre poche.

3/ Si votre livre, enregistré via Iggybook sur Amazon ou Google, se vend sur ces plateformes, vous ne toucherez que 50 % de royalties.

L’avantage : ce montant à payer mensuellement est fixe, quel que soit le nombre de livres mis en vente. C’est un point positif pour les auteurs bien fournis en publication !

De plus, Iggybook parle sur son site de facilités d’accès aux « événements IGGY : séances de dédicaces, salons du livre, rencontres, etc. ». Se renseigner sur cette plateforme me paraît intéressant, à ce stade, mais il faut garder en tête qu’elle est très récente, donc pas forcément très connue des lecteurs.

Enfin, troisième oubli :

Une maison d’édition prend en charge TOUS les frais liés à l’édition. Ne me donnez pas de noms de ces « maisons d’édition » qui vous ont fait raquer. Ce ne sont PAS des maisons d’édition, mais des prestataires de service (qui a dit « de sévices » ? Ne tombons pas dans la basse mesquinerie, s’il vous plait ^^’).

Autrement dit : un auteur tradi qui touche 1 €, c’est 1 € dans sa poche. Oui, bien sûr, il payera des impôts dessus, mais là, le tradi et l’indé sont dans la même position vis-à-vis du fisc, je n’épiloguerai donc pas sur le sujet…

D’un autre côté, dans le cas de l’auteur indé, chaque piécette durement gagnée sur la vente de ses livres (papier ou ebook) servira à payer (rembourser) une pléthore de charges qu’il aura dû avancer de sa poche, se privant ainsi de la manne énormissime des 1 % d’intérêts de son maigre livret A. Et là, je ne parle plus seulement des charges sociales, bien sûr.

Quelles sont ces charges ?

Nous le découvrirons ensemble demain, si vous le voulez bien. Oui, je sais, je suis cruel de vous faire attendre une journée de plus. Que voulez-vous, la vie est injuste. ^^’

Conclusion et synthèse du Jour 1 :

Je pense qu’à présent, vous avez compris que les 70 % de marge par ebook (via Amazon) ne sont rien d’autre qu’un miroir aux alouettes.

Vous étiez tombés dans le panneau ? Rassurez-vous, ça a aussi été mon cas (mais pas bien longtemps). Je me suis bercé de douces illusions en lisant toutes ces promesses fallacieuses des gains rapides supposément apportés par l’auto-édition et le réveil a été rude. Heureusement, je n’écris pas pour l’argent, mais par plaisir avant tout. Je n’ai donc pas été tenté ne serait-ce qu’une seconde d’arrêter d’écrire suite à cette déconvenue.

Ouvrons la parenthèse : vous écrivez pour l’argent et uniquement pour ça ? Arrêtez d’écrire (en tout cas, pas de la fiction), pauvres fous ! Vous aurez plus vite fait de jouer au loto. Anna Todd a touché le gros lot ? Oui, vous avez deviné juste. Elle a touché le gros lot ! Comme dans « loterie ». Pour un élu, combien d’appelés ?

Vous ne savez pas qui est Anna Todd ? Faites la recherche « Todd / after » sur google et vous verrez. En synthèse, il s’agit de l’un des derniers succès en date, issu de la tendance porteuse de la fanfiction made in Wattpad.

Donc : n’écrivez par plaisir, mais monétisez ce plaisir si vous vous en sentez capable et croyez à la chance ! Qui sait, elle pourrait un jour frapper à la porte. Croyez-y (l’espoir fait vivre, parait-il), mais ne comptez pas dessus pour vivre ! Ou plutôt, comme le suggère Alan Spade (qui vit de son activité d’auteur indépendant):

Je cède donc la parole à Alan: « Ne comptez pas dessus pour vivre si vous ne voulez être qu’un auteur, si vous n’êtes pas prêt à vous investir et à investir dans votre activité, si vous n’êtes pas prêt à considérer cette activité comme un artisanat (certains pourraient dire: business, même si en France, ce mot est ressenti comme péjoratif) réclamant de développer une série de compétences qui vont bien au-delà des seules compétences d’un auteur, et si vous n’êtes pas prêt à un certain nombre de sacrifices. »

Tenter de lier l’utile à l’agréable me paraît jouable, tandis que lier l’agréable à l’utile me paraît plus aléatoire.

Fermons la parenthèse et l’article par la même occasion. Je vous dis bonne soirée et « à demain, si vous le voulez bien ! »

SOMMAIRE des différents articles sur le sujet « rentabilité du livre » :

Jour 1 : comparons ce qui est comparable. Amazon vous verse 70% au maximum, mais votre porte-monnaie n’en verra jamais la couleur. Pour en savoir plus

Jour 2 : Quels sont les différents type de coûts qui entre dans la détermination de la rentabilité de votre pris ? Pour en savoir plus

Jour 3 : Quid de la rentabilité (et des formalités administratives) d’un livre (papier et ebook) pour un auteur indé ? Pour en savoir plus

Comment organiser l’écriture d’un roman – suite et fin

Nous avons vu avant-hier (ici) comment j’en étais venu à imaginer une façon efficace (pour moi, en tout cas, mais pourquoi pas pour vous aussi ?) d’écrire un roman.

Puis, hier (ici) , j’ai décrit la façon dont j’avais échoué, par le passé, à écrire un roman, avant d’aborder la façon générale dont je m’y suis pris l’an dernier, pour l’écriture du tome 1 (à paraître début ou mi 2016 en auto-édition) des Terres Sombres.

Aujourd’hui, nous allons rentrer dans les détails (et conclure !).

Pour rappel, nous avons donc comme matériaux de base :

— Une intrigue générale synthétique

— La scission de cette intrigue générale en six parties distinctes prévues pour tenir en 10 000 mots environ, mais dont le synopsis reste encore volontairement vague à ce stade (quelques phrases, des actions, des personnages à faire figurer, des morceaux de dialogue, etc.)

— Des fiches détaillées de personnages (y compris leur passé)

— Une volonté de fer !

Après avoir rassemblé tous ces éléments, j’ai donc défini le scénario (d’une façon nettement plus structurée, à présent) des deux premiers épisodes.

J’insiste sur ce point : il s’agissait de « synopsiser » uniquement les deux premiers épisodes ! L’idée étant d’éviter de s’épuiser en synopsis en voulant à tout prix TOUT détailler, jusqu’au mot « FIN », et ce, avant même d’avoir jeté la première ligne de premier jet sur le traitement de texte.

Puis, j’ai entamé le premier jet (toujours des deux premiers épisodes uniquement) et ce n’est qu’une fois les deux épisodes achevés, relus et corrigés (y compris la traque des répétitions), que je suis passé à l’écriture détaillée du scénario des deux épisodes suivants, et ainsi de suite !

Un avantage indéniable à cette technique, c’est que ça me permet d’alterner les différentes phases de l’écriture, à savoir :

1/ Premier jet : souvent un moment de bonheur, quand on ne s’appesantit pas trop sur les défauts inhérents à cette phase de l’écriture.

2/ Relecture : déjà plus fastidieux, puisqu’on le connaît bien, son texte !

3/ Corrections de base : reformulations diverses, traque des répétitions, etc…

4/ Corrections suite aux retours des lecteurs-tests / alpha-lecteurs / bêta-lecteurs

Alterner ces phases permet d’éviter l’écueil « montagne insurmontable / escalade de l’Everest » au moment de se coltiner (le mot est faible) la relecture / les corrections / l’élimination des répétitions d’un énorme bloc de 500 000 / 750 000 / 1 000 000 de caractères (espaces compris ou non, on s’en fout bien, à ce niveau).

Franchement, vous voulez mon avis ? Me dire que je vais devoir réduire les 10 000 répétitions de mon roman de 200 000 mots me bloquerait irrémédiablement. Alors que me frotter aux 500 répétitions de mon épisode de 10 000 mots, ça oui, je suis capable de l’envisager. Pourtant, une fois que vous aurez écrit 20 épisodes, vous aurez effectué exactement la même somme de travail ! Sauf que vous ne l’aurez pas vu passer, ce travail.

En synthèse : alterner les phases de travail permet de réduire le temps à passer sur chacune d’entre elles.

Autre avantage : cela me permet aussi de réduire le travail nécessaire en amont (2 épisodes à synopsiser et non pas 6, voire plus si affinité).

Je suis donc en mesure de me mettre plus rapidement à l’écriture à proprement parler !

Scinder les phases d’écriture détaillée de mes synopsis me permet aussi d’intégrer plus facilement dans le scénario des événements ou des personnages non prévus initialement (et ça m’arrive fréquemment).

N’oubliez pas : le texte « en aval » (qui n’existe à cet instant que sous la forme d’un rapide et encore très synthétique synopsis) est quand même plus simple que de corriger un texte que vous avez déjà rédigé.

Les résultats :

Avec cette technique, j’ai terminé un roman de près de 55 000 mots en trois ou quatre mois l’an passé, sans me lasser un seul instant. Sur mon précédent roman, j’avais fini par jeter l’éponge au bout de cinq ans.

Ça fait tout de même un sacré distinguo, non ?

Cette année, avec cette technique, je suis en passe de terminer la rédaction d’un nouveau roman (de près de 80 000 mots, cette fois-ci) en à peine plus de cinq mois.

Là où je pense que ma « technique » est universelle, c’est qu’elle peut se résumer à ces petites phrases toutes simples :

 

1/ Achetez-vous de la colle à cul !

Hé oui, il faut savoir rester vissé sur sa chaise et écrire, tout simplement. Trouvez l’endroit où vous sentez le plus à l’aise, faites taire cette petite voix qui vous dit que vous avez d’autres trucs à faire plus important, et écrivez !

2/ Ne regardez pas la montagne, focalisez-vous sur le chemin à vos pieds !

Encore une fois, « à chaque jour suffit sa peine », non ? Vous verrez, à la fin, vous serez surpris d’avoir écrit tant de mots quand vous les mettrez bout à bout.

Soit dit en passant, il n’y a pas que lors de l’écriture d’un roman qu’il peut être utile de « diviser une tâche insurmontable en plus petites tâches ». Je pense que ça peut s’adapter à tout. Voyez cet article de blog ! J’aurais pu vous assommer avec ses plus de 3 000 mots en une seule fois, avant-hier. Auriez-vous apprécié ? Je ne crois pas. Les journées ne font que vingt-quatre heures et ont a tous trop de choses à faire.

De plus, cela apporte à mon blog une visibilité supplémentaire, car étalée sur trois jours.

Je pense d’ailleurs que c’est aussi valable pour des publications sur Amazon, par exemple. C’est d’ailleurs aussi pour cette raison que je divise mes romans en épisodes, désormais : ainsi, je peux proposer à la vente des épisodes à publication mensuelle. Je vais me lancer dans cette méthode de publication à compter du 15 juillet prochain, pour mon projet du « Chant de l’Arbre-Mère »

N’oubliez d’ailleurs pas que vous pouvez toujours vous procurer gratuitement ce roman-feuilleton en vous rendant ici, sous la forme d’une souscription : vous recevrez les épisodes 2 semaines avant publication, directement dans votre boite mail)

C’est même vrai en terme de prix. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il me semble que davantage de gens sont prêts à payer 0,99€ pour une nouvelle de 20 pages que 9,99€ pour un petit roman de 200 pages.

De la même façon, et dans un domaine différent, il me semble bien que les petits appartements ont un coût de location au m² supérieur à celui des plus grands appartements (de même standing, bien sûr. Comparons ce qui est comparable).

Pourquoi les portions individuelles se sont-elles autant développées, selon vous ? Bien sûr, il y a le fait qu’on vit plus longtemps seul chez soi qu’avant. Mais à mon avis, s’y ajoute la crainte de trop débourser d’un coup.

Bref, je scinde mes romans, non pas seulement pour une question d’organisation, mais aussi de pricing et d’accessibilité. Je tiens à ce que toutes les bourses puissent s’offrir mes épisodes. C’est d’ailleurs pour cette raison aussi (et par esprit marketing, avouons le) que le premier épisode du « Chant de l’Arbre-Mère » est prépublié sur Wattpad et qu’il sera disponible à titre gratuit sur les plateformes telles Amazon.

3/ Alternez les phases !

Premier jet / relecture / corrections / re-relecture / re-corrections / etc.

Qu’on les apprécie ou pas (là, ça dépend des gens. Moi, je préfère le premier jet), toutes ces phases sont nécessaires. Divisez-les et vous régnerez. Regroupez-les et elles vous écraseront sous le poids de la procrastination et du sentiment éventuel de culpabilité.

Enfin, dernier conseil :

4/ Quand vous premier-jetisez, coupez vous du monde !

Ou presque, en tout cas. Rien de plus déconcentrant que d’entendre les alertes Facebook ou de messagerie.

Pour éviter ce problème des sollicitations extérieures, jusqu’à l’année dernière, j’écrivais d’abord sur papier (ordinateur coupé) puis je recopiais. Durant cette phase de recopie, focalisation sur le texte aidant, je n’étais que très peu déconcentré même en cas de biiip Facebookien. Cependant, et malgré les quelques avantages que je trouvais à écrire d’abord sur papier, j’ai fini par me dire que ça me prenait trop de temps.

J’ai donc réquisitionné mon mini ordi (un eee-pc de faible puissance). Impossible de jouer dessus, même internet rame à mort. En outre, depuis janvier, encore une fois, j’ai quatre heures de trajet maison-travail chaque jour. Ça peut sembler beaucoup (non, ça peut semble énorme !), mais quand on y pense, au cours de ces trajets, je n’ai pas internet. Qui plus est, je suis assis. Casque dans les oreilles, je pose mon sac à dos sur mes genoux, mon ordi-mini sur ledit sac, et hop, dans ma bulle !

Et là, j’écris. Entre lundi matin et mardi soir, en deux allers-retours, donc, j’ai jeté près de 8 000 mots sur le traitement de texte. Elle est pas belle, la vie ?

« FIN ».

Vous voyez, je ne vous avais pas menti : le voilà, le mot « FIN ».

Tous ces conseils sont à prendre ou à laisser, ou encore à adapter librement, cela va sans dire.

Mais une chose est sûre : ces conseils que je viens d’énumérer me paraissent simplement « de bon sens » et je pense sincèrement qu’ils peuvent s’appliquer à beaucoup de cas différents du mien, vous ne trouvez pas ?

Alors… À bon entendeur ! 😉

PS: vous avez aimé cet article? Si c’est le cas, je suis sûr que ça peut intéresser les gens qui vous entourent, dans ce cas, alors n’hésitez pas à commenter ou à partager. 🙂 Merci pour l’auteur ! 😀

Vous n’avez pas aimé cet article? Dites nous pourquoi: c’est par l’acceptation de la critique constructive qu’on progresse!

Bien à vous.

 

Pour lire la première partie de cet article, cliquez ICI.

Pour lire la seconde partie de cet article, cliquez ICI.

comment organiser l’écriture d’un roman

Bonjour tout le monde ! Ou plutôt, « bonsoir ».

Bousculant un peu mon planning blogesque, j’ai choisi de réagir aujourd’hui à un récent article de Jérémie Lebrunet (très intéressant au demeurant, je vous invite à le consulter).

Il s’agissait pour Jérémie de résumer la façon dont il s’était organisé pour écrire un début de roman (35 000 mots tout de même) en un mois. C’est le principe de base du « camp nanowrimo » ou « National Novel Writing Month ».

Pour la petite histoire, je n’ai jamais participé à ce genre d’événement. Peut-être un jour, sait-on jamais.

Or donc, me direz-vous, trêve de blabla : « comment convient-il de s’organiser pour écrire un roman » ?

« Nom d’un petit bonhomme », ajouterai-je même, paraphrasant ainsi Yogh Art lorsqu’il s’est aperçu que son projet d’artbook sur Ulule en était rendu à 40 % de financement, deux petites heures après son lancement. J’ai d’ailleurs contribué : Yogh Art est un brillant illustrateur qui gagne à être connu et qui collabore avec des maisons d’édition, mais aussi à l’élaboration de jeux vidéo et / ou de rôle, etc.

Mais assez d’apartés, venons-en au vif du sujet :

J’ai cherché (un peu) sur internet, et j’ai trouvé trente-six mille sites qui donnaient leur méthode (au moins !).

Parmi tout ce foisonnement, j’ai notamment feuilleté :

  • L’article du site « ecrire-un-roman.blogspot», qui se focalise sur l’utilisation d’un planning (et qui donne d’autres liens dans l’article)
  • L’articule du site « enviedecrire.com» qui s’appesantit sur l’intérêt de ne pas rester isolé dans son coin, mais définit aussi quelques étapes « essentielles » pour l’écriture d’un roman.
  • Le site « http://devenir-ecrivain.com» aurait plutôt tendance à donner des conseils plus généraux. On y trouve notamment l’idée qu’il ne s’agit pas de travailler en solitaire, mais on y tord aussi le mythe de la Muse au profit de la notion de « travail ».

Et tant d’autres encore… C’est à vous en donner le tournis…

Je ne prétendrai pas être plus malin que ceux qui m’ont précédé sur cette notion d’organisation du travail (j’insiste sur ce mot de « travail » !) d’écriture d’un(e) encyclopédie / roman / novella / nouvelle / micro-nouvelle / pépin / etc.

Je me contenterai de vous faire part de ce qui marche en ce qui me concerne !

Adaptez à votre cas, prenez, jetez, faites comme bon vous semble. Moi, en tout cas, je compte m’y tenir. Sachez seulement qu’il s’agit d’une « technique » suffisamment « lâche » (dans le sens « pas trop rigide ») pour convenir à pas mal de gens (toujours « selon moi »).

Mais laissez-moi d’abord vous raconter une histoire : celle d’un (tout jeune) auteur qui, auréolé (olé olé) d’un glorieux retour d’une maison d’édition sur l’un de ses écrits (son tout premier — tout petit — roman, en fait, qui récolta comme avis : « votre intrigue est naze, mais vous avez un talent certain pour l’écriture »), se dit qu’il va écrire le roman de sa vie.

Il se lance donc sur un nouveau projet de roman, qu’il devine plus abouti que le premier essai / échec.

Il continue sur sa lancée.

Parvenu à la moitié, il s’essouffle.

Les grandes vacances (il est encore étudiant) arrivent sur ces entrefaites et le coupent dans son élan.

Il ne reprend jamais l’écriture de ce roman (un jour, peut-être ?)

Cinq ou six ans passent, sans la moindre ligne couchée sur l’écran… Un concours de nouvelle le tire, un temps, de sa torpeur, puis plus rien pendant encore deux ans de plus.

Survient un concours de roman, parrainé par Harper Colins.

Bon. Qu’à cela ne tienne ! Je vais transformer ma dernière petite nouvelle en un roman !

Il se lance vraiment très fort, cette fois : il écrit jusqu’à minuit, une heure du matin presque tous les jours pendant plusieurs mois !

Il continue sur sa lancée, mais la date fatidique approche à grands pas.

N’ayant pas construit de synopsis au préalable, il s’essouffle, se perd dans des contradictions de plus en plus visibles et difficiles à corriger.

Il jette l’éponge. Il reprendra ce roman… Un jour, peut-être ?

Cet homme là, comme vous l’aurez compris, bande de futés que vous êtes, c’est moi avant de découvrir ma « technique secrète ».

Car oui, ça, c’était « avant » !

« Avant » que je n’abandonne les céréales et que j’opte pour le café noir.

Aujourd’hui, tout a changé, je ne suis plus cet « autre » qui ne finissait jamais ses romans. Je suis sérieux.

Entre temps, il s’est passé trois choses :

1/ J’ai progressé.

Pour ça, j’ai participé trois mois durant à un atelier d’écriture hebdomadaire sur paris.

J’ai bêta-lu et je me suis fait bêta-lire sur Cocyclics.

J’ai demandé à des contacts Facebook éclairés (entendez « travaillant en comité de lecture de maisons d’édition ou à tout le moins gravitant autour de ce petit monde ») leur avis sur ma capacité à être publié un jour. Joie, la réponse fut « Yes, you can ! ».

J’ai écrit des nouvelles et des micronouvelles. L’avantage ? Je me suis entraîné et j’ai glané au passage pas mal d’avis positifs de lecteurs qui m’ont copieusement encouragé dans cette ardue voie de l’écriture. Ça aide !

2/ J’ai gagné en rigueur et en régularité.

J’ai cessé d’attendre que ma muse daigne se pointer au balcon à la façon « Sœur Anne, Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »

La réponse était, le plus souvent : « Je ne vois que la page blanche qui blanchoie et le jeu vidéo qui démarroie… »

Imaginez un peu le désarroi !

J’ai donc commencé à écrire tous les jours, ou presque. Bon, le week-end, c’est plus difficile : il y a les enfants qui crient partout autour de vous et tout ça.

Mais le reste du temps, c’est clair que je suis bien aidé par mes quatre heures de trajets maison-travail quotidiens, au cours desquels je suis assis (ouf !). J’écris donc surtout dans le train. Hier, j’ai (ac)couché de près de 4 000 mots dans ce laps de temps, idem aujourd’hui. C’est sûrement mon record et je ne l’atteins que rarement, rassurez-vous. Je ne suis pas un surhomme, non plus !

3/ J’ai repensé à une phrase célèbre.

Pardonnez-moi, je n’ai pas retrouvé la citation exacte, mais le sens était le suivant : « si une tâche te semble insurmontable, divise-la en plusieurs tâches difficiles. Puis, divise ces dernières en d’autres tâches, encore moins complexes, et ainsi de suite ».

Autrement dit, « à chaque jour suffit sa peine ». De la sorte, on court moins le risque de se faire écraser par l’ampleur du travail restant à réaliser.

« Tout cela est bien joli », me direz-vous à juste titre, « mais cela ne nous dit pas comment tu appliques ce précepte dans la pratique. »

Ne vous inquiétez pas, je compte bien aborder ce sujet ! Mais ça, ce sera demain, si vous le voulez bien !

Hé oui, j’ai atteint mon quota. 🙂

« Point trop n’en faut ! »

Je compte sur vous pour être au rendez-vous demain, à 20h précises ! (si je ne me plante pas dans la planification, pour une fois ^^’)

En attendant, je vous souhaite une bonne soirée !

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