Bienvenue en Mandélasie

Mandelapédia – La vie de Nelson Mandela, Président de la Mandélasie :

Le 5 août 1962, Nelson Mandela échappe de peu à une tentative d’arrestation orchestrée par la CIA et la police sud-africaine.

Il se réfugie alors en Rhodésie du Sud, où il est peu à peu rejoint par l’ensemble des membres de l’ANC et du MK (« Umkhonto we Sizwe », branche armée de l’ANC, fondée par Mandela l’année précédente).

Très rapidement, personnellement soutenu et militairement aidé par Fidèle Castro, Mouammar Kadhafi et plusieurs autres dirigeants africains, il forme une armée qui chasse les représentants britanniques de la colonie fondée par Cécile Rhodes à la fin du dix-neuvième siècle.

Il s’en autoproclame Président à vie la même année, et la Rhodésie du Sud devient ainsi la « Mandélasie ».

Malgré de nombreuses tentatives de reconquête, les gouvernements américains, britanniques, puis sud-africains, finissent par abandonner leurs espoirs d’annexion de ce jeune, mais puissant état autonome.

La communauté internationale refusera pourtant d’en reconnaître l’existence jusqu’au 5 décembre 2013, jour de la mort de celui qui sera désigné dès 1964 comme le « Président-Terroriste » par ses adversaires politiques (Américains en tête).

En effet, ce n’est que suite à la disparition de Nelson Mandela, ciblé et éliminé par un drone de la CIA, et suite au parachutage d’une marionnette Sud-Africaine à la tête de la Mandélasie (renommée aussitôt Bushasie en l’honneur de Georges Bush Junior Junior, troisième du nom), que les états Occidentaux réunis au Cap élèvent ce minuscule territoire au rang de Pays.

Dès janvier 2014, il est prévu que l’ONU suive la recommandation américaine et octroie un siège de membre à la Bushasie.

Bienvenue au paradis

Le 5 décembre, à 23 h…

Après avoir contemplé quelques instants sa dépouille mortelle, l’âme de Nelson Rolihlahla Mandela s’envole sans aucun regret. « J’ai eu une vie bien remplie, et je suis fier de ce que j’ai accompli », se dit-il en se présentant devant les portes d’airain du paradis.

Saint Pierre, assis derrière un bureau et penché sur une pile de documents, s’adresse aussitôt à Mandela, sans relever la tête :

—     Nom, prénom, âge ?

—     Mandela, Nelson, quatre-vingt-quinze ans, répond celui-ci par réflexe.

—     Il me semblait bien vous avoir reconnu. Bienvenue au paradis ! Il ne nous reste donc plus qu’une formalité d’usage, avant de choisir votre destination finale.

Alors, du regard de l’expert, l’Ange jauge la qualité du nouvel arrivant.

—     Hum, conclut-il… Fondation d’un mouvement armé et violent… Organisation de campagnes de sabotage à l’origine de plusieurs morts parmi vos frères humains… Préparation d’une guérilla… Si j’osais un vilain jeu de mots, je dirais que votre âme est noire, Monsieur Mandela.

Gabriel apparaît aussitôt :

—     J’ai déposé il y a cinq cycles un copyright sur cette blague de « l’âme noire », Pierre. Tu me dois une plume.

De mauvaise grâce, Saint-Pierre s’exécute et donne une de ses plumes à son collègue, qui disparaît dans un nuage de fumée blanche.

—     Mais, tout le reste de ma vie, tente de plaider Mandela, j’ai…

Sans un mot, Saint-Pierre désigne une porte sur sa gauche. Plus petite, en ferraillerie de mauvaise qualité, elle est gardée par un démon cornu. Celui-ci accueille Mandela avec un sourire tordu.

—     Tu vas te plaire, ici, mon gars. Chez nous, on rigole sec. C’est pas comme chez les emplumés.

« Je vois que j’ai du boulot, ici aussi », soupire Mandela en franchissant la porte…