Calcul de la rentabilité d’un livre (papier ou ebook) pour un auteur indépendant…

[EDIT du 26/05/2015

FLASH INFO: j’ai un appartement à vendre (sisi) sur Rueil. Pour mieux le vendre, j’ai écrit une nouvelle d’anticipation centré autour de mon appartement. Vous pouvez lire le texte en cliquant sur son titre: « Un passé plein d’avenir« . Bonne lecture ! Et si vous connaissez quelqu’un qui cherche à acquérir un appartement de 88m² sur Rueil, n’hésitez pas, partagez l’info ! 🙂

Merci. A vous les studios!

/EDIT]

 

JOUR 3 : « Quid de la rentabilité d’un livre (papier et ebook) pour un auteur indé »

 

Nous avons vu avant-hier que même si Amazon vous verse 70% (maximum), Google Play 50%, votre porte-monnaie n’en verra jamais la couleur. Nous avons essayé de comprendre pourquoi.

Puis, hier, nous avons examiné à la loupe les différents types de coûts impliqués dans la création / l’impression / la diffusion de vos livres (papiers ou ebooks).

Aujourd’hui, nous allons aborder le sujet du calcul de la rentabilité, pour un auteur indépendant, de la vente d’un livre papier.

Nous étudierons pour cela quelques exemples précis.

 

Donc, attachez vos ceintures, c’est parti pour les cas pratiques !

 

Imaginez un livre papier vendu 15 €. Vous voulez vendre plus cher ? Si vous n’êtes pas connus, désolé de vous le dire, mais il vous sera difficile de vendre plus cher. Je le sais bien. On m’a dit récemment (avec la meilleure volonté du monde de ne pas être blessant que je n’étais pas un « vrai auteur » et que donc, demander 20€ pour un de mes livres (de 400 pages), c’était un peu… osé… Soit. Vous n’avez pas l’appui / l’accréditation d’une maison d’édition, donc faites vous une raison… Mais après tout, rien ne vous empêche d’essayer : votre roman est peut-être pile dans le genre qui fonctionne en ce moment et vous êtes peut-être un vendeur né ?

Bref. Donc, sur ce livre de 15€

1/ Un tradi touchera 1,5 €, à déclarer comme droits d’auteur auprès des organismes concernés.

Nota / rappel : sur la base de ces 1,5€, l’auteur tradi devra alors verser des charges sociales à l’AGESSA (10% s’il n’est pas affilié, 20% s’il est affilié) et 8% au RAAP (taux en passe de devenir une réalité, cf cet article) au titre de la cotisation retraite complémentaire.

2/ Combien touchera donc un indé ?

Faisons le calcul avec une rapide estimation des divers coûts étudiés hier.

Paramètres :

Un roman de 500 000 signes, espaces comprises.

Vendu de la main à la main.

250 exemplaires imprimés.

Je prends 250 exemplaires pour faire rond, mais c’est déjà un volume « important » pour un inconnu. Enfin, il me semble. En tout cas, ça représente un sacré investissement financier, comme on va le voir ensemble, à présent :

Nota : j’ai relu mes chiffres plein de fois, mais on ne sait jamais. Il se peut qu’une ou deux coquilles trainent quelque part.

 

[EDIT du 24/05:

ATTENTION / A NOTER: deux des lecteurs de cet article m’ont fort justement fait remarquer que, dans le cas du choix du statut « auto-entrepreneur », je ne proposais que le taux réservé aux BNC. Ils évoquaient, à juste titre, que le taux des BIC était moins élevé (15% au lieu de 22,9%).

Du coup, je me dis même qu’opter pour un profil « vente de marchandises », outre l’avantage en terme de charges sociales, pourrait bien être fiscalement plus « dans les clous » qu’opter pour un profil « auto-entrepreneur / prestation de service ».

Après tout, je me demande s’il est réellement fiscalement accepté de déclarer en BNC professionnels (donc en tant que prestation de service) des ventes de livres papiers? J’ai comme un doute, là.

Depuis, j’ai creusé à nouveau la question et j’ai trouvé quelques sites qui semblent donner des infos intéressantes. Je vais ajouter les liens à mon article:

http://www.thebookedition.com/forum/demarches-auto-editeur-p-1524-40.html

http://portaildulivre.com/fiscautautoedit.htm

http://www.ebook-creation.fr/avis-client/auto-publication/auto-edition.html

Ce sont des sites que je compte consulter prochainement, avant de recontacter éventuellement l’urssaf pour plus de précisions.

Pour votre information, le code NAF de l’édition de livres (qui ouvre droit à déclaration au titre des BIC) est le suivant : 5811Z

En revanche, attention (l’info qui suit est tirée de cet article): « prendre ce statut d’auto-éditeur BIC entraîne l’assujettissement à la taxe CFE qui est indexée sur la valeur locative de votre lieu de travail (cela peut-être votre lieu d’habitation dans le cadre d’un auteur)
C’est la commune qui décide de son montant. Vous pouvez vous renseigner sur le montant de cette taxe aux impôts ou dans votre mairie. »

En revanche, les charges sociales sont proches de celles de la déclaration en BNC non professionnels, c’est à dire 13,3% en 2015,

D’un autre côté, vous avez le code APE / NAF 9003B «autres activités artistiques».

Ce statut permet la déclaration de vos gains d’auteur en BNC professionnels et vous exonère de cette même taxe CFE (même si le fisc n’est pas toujours au courant, apparemment), mais au prix de charges sociales plus élevées (22,9% en 2015).

FIN DE L’EDIT DU 24/05]

 

 

Exemple 1.1 :

Je vous mets d’abord le tableau, vous aurez les explications complètes juste après, promis. 🙂

Cliquez dessus, ce sera plus lisible.

exemple 1.1 de vente de livre - Données utilisateur

exemple 1.1 de vente de livre - Synthèse

 

  • CA TTC : 250*15 € = 3 750 € (woaw ! les yeux emplis d’étoiles !!!! Je vais être riche !)
  • TVA : 0 % vu qu’il s’agit d’une vente de la main à la main. Coool !
  • Impression : 5 € par exemplaire (dont 1€ de frais de port), soit 1 250 €. Ha oui, ouch, ça fait mal, là.
  • Charges sociales : 22,9 % du CA HT (càd TTC, vu qu’il n’y a pas de TVA), soit 858,75 €. Ha oui quand même, re-ouch.

Pourquoi 22,9 % ? Parce que vous êtes auto-entrepreneur, tout simplement. On parle de vente de livres papiers vendus par vous-même, là !

Bilan : il vous reste 1 641,25 €, soit 43.77 % de marge d’exploitation.

C’est-à-dire : 6,565 € par livre.

C’est confortable, hein ? Mais ça, ce n’est que votre marge d’exploitation, qui n’intègre pas encore le remboursement des coûts fixes et cachés.

 

  • Couverture : 150 €, car réalisée par Kouvertures.com : bon, ça passe.
  • Bon, on va dire que vous n’avez pas fait traduire, que vous avez acheté antidote il y a longtemps et que vous vous êtes débrouillés, pour la mise en page… Vous voyez que je suis sympa !
  • Correction : 500 €. Aye, ça pique.

Question on ne peut vraiment pas s’en passer ?

Ma réponse : c’est vous l’auteur, c’est vous qui voyez. Mais ne venez pas vous plaindre si vous perdez des ventes à cause d’un roman mal ficelé. D’un autre côté, le constat général est que le lecteur, pour peu qu’il n’ait pas à affronter un mur de fôtes d’ortaugrafes, se focalisera avant tout sur le style / l’intrigue, et seulement après se penchera sur la qualité de l’orthographe.

Mais : un correcteur ne s’occuper pas forcément que de l’orthographe. Il vous aide aussi à améliorer vos tournures de phrases et peut détecter des incohérences dans votre trame.

=> TOTAL des coûts fixes : 650 €

Là, il y a deux façons de calculer votre rentabilité.

1/ Le « point mort » :

Déterminer le nombre de livres à vendre pour rembourser vos frais fixes. On appelle ça le « point mort » : celui où vos ventes vous permette d’absorber vos coûts fixes, mais pas encore de dégager un bénéfice. Tous les livres que vous vendrez, ensuite, ce sera du pur bonus : 100 % dans votre poche !

Ici : 650 € (total des coûts fixes) / 6,565 € (marge d’exploitation par livre) = 100 livres. (car arrondi au niveau supérieur)

Vous devrez donc vendre 100 livres avant de commencer à pouvoir dégager un bénéfice.

2/ La vision « comptable » :

Bilan : il vous reste 1 641,25 € — 650 € = 991,25 €, soit 26,43 % de marge après coûts fixes. Ou encore : 3,965 € par livre.

C’est déjà moins, mais ça reste raisonnable, hein ? Mais là, c’est en supposant que vous vendez l’intégralité de vos 250 livres, et ce n’est pas gagné. Qui plus est, vous les avez vendus par vous-même, sans aller dans des salons / séances de dédicaces / via une librairie et donc sans frais de diffusion / déplacements / envois et sans occasionner le moindre frais de promotions.

Autrement dit :

1/ Vous avez beaucoup d’amis

2/ Vous êtes un commercial de génie et vous pourriez gagner 10 fois mieux votre vie dans d’autres secteurs, non ?

Exemple 1.2 :

Tiens, petite supposition : vous avez fait payer 2,50 € de frais d’envois par livre, récoltant ainsi 17,50 € et non pas 15,00 €. Corrections (en supposant que vous ne faites que de la vente par correspondance) :

  • Charges sociales : 22.9 % du CA HT, soit 17.50 €*250*22,9 % = 1 001.88 € au lieu de : 858.75 €

Pouf, vous avez perdu 143 € qui vont aller directement dans la poche de l’Urssaf ! J

Elle n’est pas belle, la vie ?

Regardez le tableau ci-dessous : il vous faudra vendre 9 livres de plus pour arriver à l’équilibre si vous facturez les frais de port.

exemple 1.2 de vente de livre - Synthèse

Exemple 1.3 :

Mais si vous ne facturez pas les frais de port de 250 livres au client, repouf, c’est cette fois-ci, au maximum, 2,50 € * 250 € = 625 € que vous avez perdu, sans pour autant alléger vos charges sociales, qui restent à 858.75 €.

Regardez encore une fois le tableau général (légèrement amélioré) et le tableau de synthèse : pour résumer, en vendant 250 livres, vous gagnez 1,47 € par livre vendu.

Alors rassurez-vous : si vous vendez 195 livres, vous serez à l’équilibre ! Haut les cœurs !

exemple 1.3 de vente de livre - Données utilisateur exemple 1.3 de vente de livre - Synthèse

 

Exemple 2.1 :

Maintenant, mettons que vous voulez faire du dépôt-vente via un libraire.

Tching ! (bruit du tiroir-caisse)

  • « Merci monsieur, ça fera entre 20 % et 50 % de votre CA ».

Euh, attendez, combien ?

Par contre, changement de méthode. C’est désormais le libraire qui touche le CA et vous lui facturez une commission (en tout cas, il est possible de procéder ainsi, ce qui a le mérite de diminuer la base de calcul des charges sociales et impôts)

Je ressors ma calculette en incluant la ligne suivante :

  • Commission du libraire : 30 % par exemplaire :

PS : C’est un taux « moyen » : ça peut monter plus haut ! n’oubliez pas que si votre libraire n’est pas motivé, il ne vendra pas forcément votre livre. Il en a tellement d’autres à écouler.

30 % * 3 750 * (1-5,5 % de TVA) = 1 063,13 € (aye !)

  • Donc, par définition, vous empochez les 70% restants, à savoir :

70 % * 3 750 * (1-5,5 % de TVA) = 2 480,63 € (aye !)

Charges sociales : 22,9% * 2 480,63€ = 568,06 €.

Nouvelle marge d’exploitation :

2 480.63 € – 568.06 € – 1 250 € = 662.56 €, soit un taux de marge de 18,70 %.

Déduisons les frais fixes et nous arrivons à : 662,56 € – 650 € = +12,56 €, soit une marge de 0.35% (miam).

Oui, vous avez bien lu. Nous restons côté « bénéfice », mais nous avons bien failli trébucher sur la case « maléfice ». Sympa, non ?

 

Maintenant, ajoutez à tout cela les coûts cachés (cf définition d’un coût caché ici) :

  • Les frais de déplacements et/ou d’envoi des livres, pour peu que le libraire ne soit pas à côté de chez vous, ou qu’il s’agisse d’une vente sur un salon dans une autre région que la votre
  • Les frais de bouche et de logement en hôtel (chez l’habitant ?) si vous restez sur place plus d’une journée.

 

À ce stade, vous vous rendez compte que même en vendant vos 250 livres, vous aurez perdu pas mal d’argent. Prévoyez un second (voire un troisième) tirage, pour être sûr.

Re-miam.

exemple 2.1 de vente de livre - Données utilisateur exemple 2.1 de vente de livre - Synthèse

Ahhhh, l’auteur indé, ce sacré veinard qui garde tout le produit de ses ventes pour lui ! Haha. Ha.

Ha.

 

Exemple 3.1 : zoom ebook :

Avant de conclure, faisons un zoom ebook. Nous conserverons les éléments de l’exemple 2.1 à l’exception des frais d’impression et d’envoi, bien sûr : vous devrez vendre 275 ebooks pour parvenir à l’équilibre, soit pas tellement plus que de livres papier.

exemple 3.1 de vente de livre - Synthèse

Question : combien d’ebook vous faudra-t-il vendre pour parvenir à l’équilibre si, en plus du reste, vous avez payé 4 000 € de frais de traduction ?

Réponse en image : 1 964 ebooks. Simple, non ? Et ça, c’est sans faire de promotions ni rien.

exemple 3.2 de vente de livre - Synthèse

En synthèse, le problème est double :

1/ Sur les petits tirages / petites ventes (que pratiquent la majorité des petits auteurs autopubliés), vos frais fixes écrasent tellement vos marges qu’elles peuvent facilement devenir rouge sang et rester de cette couleur très longtemps.

2/ Si vous voulez être diffusé à grande échelle (ha bon, parce que les libraires attendent votre livre avec tellement d’impatience ? Tant mieux pour vous, mais attention à vos marges : ayez foi en vous et compensez par un plus gros volume de tirage), vous devrez abandonner une bonne partie de votre CA au profit desdits libraires, au risque, là encore, de noyer vos marges dans un bain de sang. Surtout si l’envoi aux libraires vous coûte des sous (attention : coûts cachés).

Ou alors, vous pouvez tenter le coût de la traduction pour vous exporter en Allemagne, aux US, etc. Mais préparez-vous à y passer beaucoup de temps (et à payer une correctrice derrière) ou à dépenser une grosse somme d’argent (et à payer quand même une correctrice derrière).

 

Flash info : les libraires ont des coûts fixes très importants à éponger, c’est pourquoi ils ont besoin d’une telle marge pour dégager un réel bénéfice en fin de mois : frais de stockage des livres, loyer, salaires, électricité, assurance, etc.

D’une manière générale, pour tous les acteurs de la chaîne de livre, la survie passe par le volume. La différence entre un éditeur et vous, c’est que l’éditeur / le libraire / etc. ne vend pas que vos livres. Il a donc accès à de plus gros volume de ventes que s’il ne comptait que sur vos livres (normalement) et peut donc plus facilement que vous accepter d’avoir une faible marge sur chaque livre écoulé.

 

Je vous sens dubitatifs. C’est pourquoi, pour vous aider à vérifier tout cela par vous-même, j’ai constitué un petit fichier Excel qui permet de tripatouiller des données chiffrées et de vérifier l’impact des différents types de coûts sur la rentabilité de votre livre papier et / ou ebook.

Il est disponible au téléchargement en cliquant ICI.

C’est à l’aide de ce fichier que j’ai constitué les exemples de cet article. Vous verrez : j’ai « protégé » les cellules avec les calculs, et du coup les seules données que vous pouvez modifier sont celles sur fond vert pâle.

N’hésitez pas à me contacter si vous avez des soucis d’utilisation (mais c’est relativement basique, comme fichier) : pascal. bleval (at) gmail . com

 

Conclusion :

Il me semble, mais je peux me tromper, que le marché français (voire francophone parce qu’apparemment c’est pareil au Québec, en tout cas) n’est pas encore tout à fait prêt à plonger dans le « tout ebook ». Le papier reste le format « sacré » aux yeux des français, pour le meilleur et pour le pire.

Le problème, c’est qu’un auteur indépendant désireux de vendre des livres papiers se retrouve confronté à :

1/ Des formalités administratives supplémentaires : acquisition forcée d’un statut type auto-entrepreneur.

2/ Des charges sociales supérieures : plus d’abattement de 34% sur vos recettes (contrairement au BNC non professionnel) et un taux de charges sociales qui grimpe à 22,9% (mais un taux d’IS qui baisse à 2,2%).

Qui plus est, ces charges sociales sont basées sur du CA, donc avant déduction de vos frais. Non, vous n’avez pas le droit de déduire vos frais pour déterminer votre assiette de cotisation / d’imposition.

On peut donc se retrouver à vendre à perte pour peu que vos coûts variables dépasse les 77.1% de votre CA HT. Dans ce cas, arrêtez tout de suite les frais et montez vos prix de vente. Sinon, comment espérer éponger vos coûts fixes et coûts cachés quand, dès les coûts variables, vous êtes dans le rouge ???

Rappel : cela représente les frais d’impression et de diffusion de vos livres (commissions libraire / centre culturel, par exemple).

 

Existerait-il une éventuelle solution palliative ?

Il pourrait donc être intéressant de trouver une solution pour déflaquer les frais variables du montant de l’assiette imposable. Il semble possible d’utiliser pour cela le support d’une association loi 1901, même si c’est à prendre avec de très grosses pincettes fiscales (et donc à faire valider !).

Imaginons :

1/ Vous passez un ordre d’impression de votre livre papier à une association. Celle-ci joue alors les intermédiaires vis-à-vis de l’imprimeur et elle indique votre adresse comme point de livraison.

2/ Vous avancez les frais d’impression à l’association. Celle-ci y ajoute 2% ou 3% de frais pour couvrir les frais liés aux formalités administratives qu’elle vient d’accomplir pour vous.

3/ De votre côté, vous vendez ensuite les livres au profit exclusif de l’association qui, par contrat, vous reverse X % du CA HT que vous lui ainsi permis de récolter. Disons 20% (mais ce n’est qu’un exemple !).

Le résultat, c’est que vous ne serez taxés que sur ces 20%.

En supposant que l’association ne s’enregistre pas en tant que maison d’édition (mais en tant que, par exemple, association de promotion de la culture au sens large, tous domaines confondus), lesdits 20% ne seraient à mon avis pas des droits d’auteur, mais plutôt des BNC non professionnels.

Après tout, quand vous vendez un livre via http://www.bod.fr, vous déclarez cela en BNC, non? Et vous pouvez toujours espérer que l’AGESSA reconnaisse ce type de revenus… Mais est-ce un problème, au fond? J’ignore la réponse à cette question, en ce qui me concerne.

Avoir d’ores et déjà le statut d’auto-entrepreneur ne vous empêcherait pas de profiter de ce type de système, cela dit. Surtout qu’on a bien vu que les charges sociales sont plus onéreuses en tant qu’auto-entrepreneur qu’en tant que particulier / BNC non professionnels.

4/ Par ailleurs, à mesure que vous vendez les livres imprimés via l’association, celle-ci vous rembourse les frais d’impression, que vous n’avez fait qu’avancer à l’origine.

Bien sûr, cela implique d’avoir « fait ses devoirs » en premier lieu, c’est à dire d’avoir déterminé si, oui ou non, votre livre était rentable et si oui, à partir de combien de livres imprimés / vendus.

 

Conclusion de cette idée de « moindre taxation » :

Si vous vendez tous vos livres, voilà ce que vous obtiendrez au final :

  • Vous n’avez payé des impôts / charges sociales que sur une base restreinte (càd : les 20% de commissions qui vous sont reversés. Attention, ce n’est qu’un exemple ! Et ça reste environ deux fois plus qu’un auteur tradi)
  • Vous avez été remboursé de vos frais d’impression (sans être taxé dessus).

Je me demande si un tel système fonctionnerait et serait jugé fiscalement acceptable… Et si

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

En attendant d’avoir votre avis sur cette épineuse question (mais qui pourrait épargner quelques piécettes à pas mal d’auteurs indépendants), je vous dis « bonne soirée à toutes et à tous et à une prochaine fois ! »

 

SOMMAIRE des différents articles sur le sujet « rentabilité du livre » :

Jour 1 : comparons ce qui est comparable. Amazon vous verse 70% au maximum, mais votre porte-monnaie n’en verra jamais la couleur. Pour en savoir plus

Jour 2 : Quels sont les différents type de coûts qui entre dans la détermination de la rentabilité de votre pris ? Pour en savoir plus

Jour 3 : Quid de la rentabilité (et des formalités administratives) d’un livre (papier et ebook) pour un auteur indé ? Pour en savoir plus : (vous venez de le lire)

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25 réflexions sur “Calcul de la rentabilité d’un livre (papier ou ebook) pour un auteur indépendant…

  1. En fait pour ne pas perdre dl’argent sur la vente des livres papier, il faut avoir un statut qui permet de les déclarer en BIC comme de la marchandise. Il y aura alors environ 15 pourcent de charges et une imposition sur 30 pourcent du chiffre d’affaire.

    • Tu veux dire en constituant une société? Si c’est ça la lourdeur administrative est encore pire et il y a des charges à payer même sans avoir généré le moindre CA, si j’ai bien tout compris.
      Par contre l’option de passer par une association loi 1901 pourrait résoudre le problème. Reste à trouver un modèle économique fiscalement accepté. J’y ai réfléchi et donne d’ailleurs 1 ou 2 détails à ce sujet en fin d’article. Qu’en penses tu?

    • Bonsoir Jacques, je reviens sur ton commentaire, qui rejoint celui de Daniel. A vous deux, vous m’avez fait réfléchir à un point fiscal qui me paraît soudain dérangeant. Même sans parler de payer des charges plus ou moins élevées, je me demande soudain pourquoi déclarer en BNC professionnels les gains sur la vente de livres papiers serait plus dans les clous, fiscalement, que leur déclaration en BNC non pro.
      Du coup, si ça se trouve, le seul biais fiscalement « propre » serait d’opter pour un code APE « éditeur » et de déclarer les gains en BIC, comme tu le dis si justement.
      J’ai donc creusé la question et trouvé plusieurs sites qui évoquent le sujet des auteurs auto-entrepreneurs déclarant en BIC. Je les poste en haut de mon article tout de suite et je les consulterai plus en détails dès que possible.

      Bonne soirée, Jacques !

  2. Ce troisième article est encore meilleur et plus utile que les deux précédents. Les auteurs débutants qui ignoreront ces informations le feront à leur propre péril. Au passage, tu confirmes l’information de Jacques Vandroux sur la faible rentabilité du livre papier. L’association représente bien la seule planche de salut pour un indé qui veut vendre du papier.

    • Merci pour ton commentaire, Guy ! 🙂 En effet, tout ne semble pas rose au papier de la vente de livres papiers. ^^ Cela dit, rentabiliser de gros coûts fixes et cachés avec des ebooks peut également se révéler plus ou moins délicat, selon le taux de commission qu’on retire de chaque vente.

    • Il semble que l’absence de rentabilité du livre papier pour l’auteur autoédité soit essentiellement due aux charges, ce qui me fait me poser une question: est-il plus rentable pour l’Etat qu’un Français célibataire sans activité soit au RSA, ou bien qu’il se gagne lui-même ses 450 euros par mois sans payer la CSG sur son activité de vente de livres?

      Sachant que même si l’auteur ne se verse que 450 euros par mois sur ses ventes de livres papier, ça veut dire qu’il en a donné en plus, dans ses dépenses, 50 ou 100 en marge libraire par mois, qu’il a payé un illustrateur, éventuellement un correcteur… bref qu’il a fait circuler l’argent et tourner, même petitement l’économie. 1 million de personnes qui font tourner petitement l’économie tout en ne coûtant pas 450€ par mois de RSA à l’Etat, ça commence à faire quelque chose, non?

      Je ne doute pas un seul instant, en revanche, qu’imposer la CSG sur un auteur qui va faire 10000 euros de Ca en un an arrange fortement les grosses maisons d’édition, parce que c’est assez dissuasif, de savoir qu’on va devoir reverser 1023€ de charge sur ces 10000 euros (10000 euros – 34% = 6600 €, et 15,5% de charges qui font 1023) qui sont de l’argent absolument indispensable pour vivre et exercer son activité. Et encore, quand je dis 10000 euros de CA par an, ça veut dire que l’argent qui revient à l’auteur, c’est 4000 €, pas beaucoup plus. Et sur ces 4000 euros, il faut reverser 1023€ pour la CSG?

      On est dans de l’argent qui sert à bouffer, là, du vital.

      Alors que si le législateur avait prévu 0% de charge après déduction des 34% de 0 à 10000€ (activité vitale: directive première: protéger la vie), 3% de charge après déduction des 34% de 10000 à 15000€, 7% de charges après déduction des 34% de 15000€ à 20000€ de CA/an, et enfin 10%après déduction des 34% de 20000 à 250000€ et 15,5% après déduction des 34% de 25000 à 32000€, là, on serait dans quelque chose qui ne dissuade pas d’exercer une activité en se lançant en tant qu’indépendant.

      Mais non, il n’y a sans doute pas assez de gens au chômage et au RSA, la CSG avant tout!

      Je suis pour la protection sociale et la sécu, mais il faut éviter de faire payer ceux qui en sont au stade de la survie pure et dure. On peut se permettre de payer de la CSG à partir de 20000€ de CA par an, mais en-deçà, cela devient très dissuasif. Arrêtons les conneries.

      • Je suis hélas bien d’accord avec toi. L’investissement personnel n’est pas encouragé.
        Quand même, te faire payer de la csg / rds sur les frais de port facturés aux clients (et qui partent forcément direct dans la poche de La Poste), fallait l’oser, moi je dis.

      • Après, c’est comme à l’armée: si tu es soldat et que ton capitaine t’ordonnes de prendre ton Famas et de te tirer une balle dans le pied… Il te reste à déterminer si tu seras plus utile à tes frères d’armes avec un pied transpercé qu’en marchant sur tes deux jambes.

        C’est quoi, cette histoire de frais de port?

      • Oups, ça y est, j’ai compris ce que tu voulais dire pour les frais de port. Et il y a aussi les frais de déplacement, tous les frais annexes liés à cette activité… qui alimentent l’économie générale, mine de rien.

  3. Merci pour votre article.
    Vous évoquez un taux de taxation à plus de 22% pour l’autoentrepreneur qui vend ses livres. Pourtant, le taux appliqué aux activités de vente est autour de 15%. Celui dont vous parlez concerne la prestation de services. Suis-je dans l’erreur ? ou ai-je mal lu ?

    • Bonsoir Daniel,
      Ce que vous dites est très vrai et votre question m’a fait douter, soudain. Il faut dire que par défaut, quand vous vous dites auteur auto-édité, je pense que l’urssaf vous dirigera vers un code APE de type prestation de service.
      Mais en effet, opter pour un profil « vente de marchandises », outre l’avantage en terme de charges sociales, pourrait bien être fiscalement plus « dans les clous ». Après tout, est-il fiscalement accepté de déclarer en BNC professionnels (donc en tant que prestation de service) des ventes de livres papiers? J’ai comme un doute, là.

      Depuis, j’ai creusé à nouveau la question et j’ai trouvé quelques sites qui semblent donner des infos intéressantes. Je vais ajouter les liens à mon article.

      Donc, un grand merci pour votre question, Daniel !

      Bonne soirée.

      • Pour ce qui est de la vente d’ebooks, il est même envisageable d’opter pour un code APE intitulé Vente sur catalogue spécialisé. C’est le cas de certains pure players.

      • Quel serait l’avantage de ce code? Désolé si ma question est naïve, je suis un grand ignorant de ces choses là, pour le moment.

      • En réalité, je ne le sais pas vraiment non plus. C’est juste que certains pure players, sauf erreur de ma part, se sont vus donnés automatiquement par l’Urssaf un code APE intitulé Vente sur catalogue spécialisé. C’est probablement une sorte de terme générique pour tout ce qui se vend sur le net, y compris les ebooks.

      • oui, étonnant. J’ai le sentiment qu’aucune directive claire n’a été donnée, que ce soit auprès du fisc ou de l’urssaf.
        A savoir concernant l’utilisation d’un code APE « éditeur » ouvrant droit à déclaration au titre des BIC (donc plafond relevé à 80K€ et charges sociales inférieures): cela entraîne le paiement d’une taxe supplémentaire (la CFE). J’ai ajouté l’info dans l’article, vers le début.
        Bonne soirée ! 🙂

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  5. Merci pour cet article très parlant ! C’est vrai que tous ces chiffres font un peu peur. Difficile d’en vivre ! 😦
    J’en suis encore à mes débuts, mais à partir de quand avons-nous obligation de se mettre un statut d’autoentrepreneur ou autre pour déclarer nos ventes ? Car si j’ai bien compris, au début on a le droit de publier tant que ça reste dans le réseau de connaissance proche (amis, famille…).

    • Bonjour Morgane,

      Merci d’avoir pris le temps de lire cet article et pour ton commentaire.
      Pour répondre à ta question, disons que « rien n’est jamais simple ».

      1/ Si tu ne fais pas d’achat / vente de livres papiers, te contentant de vendre via des prestataires type http://www.BOD.fr ou amazon (createspace pour le papier, kdp pour les ebooks), tu peux rester « simple particulier » et déclarer tes revenus en BNC non professionnels.
      L’avantage: 34% d’abattement sur ton CA et un taux de charges sociales a priori limité à 15,5%

      2/ Si tu achète des exemplaires de ton livres papier pour les revendre, tu dois avoir un statut. Un statut d’auto-entrepreneur restant le plus simple, reste à voir auprès de l’urssaf de ta région s’ils t’autorisent, dans le cas de la vente de livres papiers, le code APE de l’édition (commerce de biens, donc BIC) et pas simplement de la prestation de service (BNC professionnels).
      S’ils maintiennent qu’ils ne peuvent t’autoriser que les BNC, insister (après avoir regardé les avantages / désavantages ci-dessous). Se faire confirmer que la déclaration en BNC professionnels (auto-entrepreneur, donc) est bien compatible avec l’achat/vente de livres papiers.
      Avantage des BIC: plus haut plafond (environ 80 000 € / an), charges sociales moins élevées (13,3% + 1% d’impôts si prélèvement libératoire, vs 22,9% de charges sociales et 2,2% d’impôt en cas de BNC professionnels)
      Désavantage des BIC: paiement d’une taxe (la CFE) dont sont exonérés les auto-entrepreneurs déclarant en BNC professionnels.

      Concernant l’enregistrement de ton livre papier à la BNF: oui, ce n’est obligatoire que si tu dépasses le cadre familiale. MAIS: il semble que l’inscription de ton livre sur createspace / lulu / bod, puisse être considéré comme dépassant le cadre familiale. Après tout, le monde entier peut te l’acheter.

      En espérant avoir répondu à ton interrogation.

      Bon lundi, Morgane.

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