Les différents types de coûts et de frais derrière l’impression et la vente des livres papier

JOUR 2 : « quels sont les différents types de coûts derrière l’impression et la vente des livres papier ? »
Nous avons vu hier (article: « le mythe de la rémunération de 70% d’amazon et autres peccadilles chiffrées« ) que comparer 1 € gagné par un tradi et par un indé ne faisait aucun sens à moins de déduire au préalable un certain nombre de frais sur les ebooks des auteurs indés et les cotisations Agessa et RAAP côté tradis.

Nous en avions profité pour battre en brèche l’idée qu’un indé pouvait gagner jusqu’à 70 % sur la vente de ses ebooks via Amazon, par exemple.

Nous n’aborderons pas encore le côté « détermination de la rentabilité d’un livre ». Ce sera pour demain, avec le cas de figure de la vente d’un livre papier. Puis, après demain, avec le cas de l’ebook et quelques précisions complémentaires. (infos non contractuelles, ça peut changer d’ici là !! ^^)

Aujourd’hui, nous démonterons vaillamment l’idée suivante :

=> « Un indé se fait des marges de cochon sur les livres papiers qu’il vend. Pensez donc ! Il ne paye que les frais d’impression (et tout le monde sait qu’imprimer un livre de 300 pages, ça coûte 50 centimes maximum !). »

 

Bien sûr, cela est on ne peut plus faux !

[DISCLAIMER :

Vous êtes un auteur indépendant. Vous faites ce que vous voulez. Vous voulez faire votre couverture vous-même ? Vous en avez les compétences ? Super, ça vous fera ça de moins à débourser.

Le but de ce qui suit est de vous montrer les différents types de coûts qui peuvent grever la rentabilité de votre livre, pas de dire que vous aurez tout ça à payer.

Par exemple, j’ai réalisé moi-même la maquette de mon recueil d’anticipation (Chroniques d’une humanité augmentée) en version papier. Elle ne répond pas à 100% aux canons de l’Imprimerie Nationale. Et alors ?

J’ai eu des compliments sur le caractère agréable à lire de mon livre papier et je trouve que c’est plus important que, par exemple :

1/ Ne pas mettre de numéro de page en bas de la première page d’un nouveau chapitre

ou 2/ Faire commencer un nouveau chapitre sur la page de droite, quitte à laisser une page totalement blanche à gauche. Désolé, je n’aime pas le gaspillage de papier (ok, j’ai laissé trop d’espace interlignes, j’ai donc moi aussi gâché du papier et ça me fend le cœur…)

FIN DU DISCLAIMER]

Comme nous l’avons déjà vu hier, un éditeur traditionnel va prendre sur lui de payer un certain nombre de charges et de frais liés à l’impression / la distribution / etc. de vos chers livres. C’est un risque financier qu’il va ainsi porter et c’est d’ailleurs pour ça qu’on parle « d’édition à compte d’éditeur » par opposition à l’édition à l’édition à compte d’auteur et à l’autopublication.

[Ouvrons la parenthèse : compte d’auteur n’est pas égal à autopublication.

  • Compte d’auteur : un auteur paye un intermédiaire / prestataire de service pour que ce dernier, au choix : imprime ses livres / les mette en forme / les corrige / en fasse la promotion / créé une couverture / etc. Attention: ça peut coûter TRES cher.
  • Autopublication : l’auteur s’occupe de tout ça lui-même. Autrement dit, soit il fait tout lui-même, soit il trouve lui-même des professionnels capable de le faire pour lui. C’est d’ailleurs quand un autopublié délègue toutes ses tâches sauf celle de l’écriture (et encore, on peut avoir un nègre) que la frontière entre compte d’auteur et autopublication est mince, ce qui peut aider à entretenir la confusion, il faut avouer.

La différence, c’est que ça vous coûtera généralement moins cher de trouver vous-même chacun des intervenants nécessaires plutôt que de passer par du compte d’auteur. De plus, nombre d’éditeurs à compte d’auteurs se révèlent être des arnaques, ce qui ne veut PAS dire que tous les éditeurs à compte d’auteurs sont des arnaqueurs.

Fermons la parenthèse.]

Les frais impliqués par l’édition d’un livre peuvent être répartis en 3 catégories différentes:

1/ coûts variables

2/ Coûts fixes

3/ Coûts cachés (sisi, vous allez voir)

Je donne plusieurs exemples de chacun de ces types de coûts, mais si vous constatez que j’en ai oublié, n’hésitez pas à le signaler en commentaire, j’intégrerai vos suggestions dans l’article.

Hier, donc, j’abordais la fiscalité (en amateur !).

Aujourd’hui, c’est le contrôleur de gestion qui va vous parler, alors accrochez-vous bien !

Ps : je vais tâcher de faire simple et clair. Donc, si les chiffres, ça ne vous parle pas, ne vous inquiétez pas. Je traduirai en prenant des exemples concrets (surtout demain soir, d’ailleurs).

Catégorie 1 : les coûts variables.

Il s’agit des frais liés de façon directe à la vente ou à l’impression de votre livre.

Exemples :

=> Marge libraire : 20 % à 40 % du prix HT sur chaque livre vendu. C’est parfois négociable, mais pas toujours.

=> Frais d’impression : là, ça dépend de beaucoup de critères, mais on peut partir sur 5 € par livre de 300 pages, couverture souple, format moyen.

=> Frais d’envois : aussi bien de l’imprimeur jusqu’à votre domicile que de votre domicile à celui de votre client. Difficile à estimer, ça dépend !

[Ouvrons la parenthèse : ceci est une vision synthétique. Vous trouverez plus de précisions sur les sites des imprimeurs, ainsi qu’un peu plus bas dans cet article.

*     Createspace propose des coûts d’impression défiant TOUTE concurrence sur des petits tirages, mais se révèle plus cher du côté des frais de port. Sans oublier que des frais de douane vous seront facturés pour toute commande supérieure à 50€.

*     Lulu : offre régulièrement des réductions sur vos tirages papiers ainsi que des réductions sur vos frais d’envois.

*     www.imprimermonlivre.com : ils ne font pas payer vos frais d’envois, mais leurs frais d’impression semblent légèrement plus élevés que la moyenne. Ils offrent de s’occuper de l’enregistrement de vos livres auprès de la BNF à partir d’une commande de 100 livres.

Rappel : l’enregistrement auprès de la BNF est obligatoire. La précision suivante peut néanmoins être trouvée sur le site de la BNF:

Le dépôt légal est obligatoire pour les livres, quel que soit leur procédé technique de production, d’édition ou de diffusion, dès lors qu’ils sont mis à la disposition d’un public qui excède le cercle de famille, à titre gratuit ou onéreux.

*     BOD : leurs tarifs sont dans la moyenne côté frais d’impression, j’ignore ce qu’il en est de leurs frais d’envois. Avantage notable : contre une somme forfaitaire, à l’entrée, de 19 €, ils enregistrent votre livre auprès de la BNF et ils vous ouvrent les portes des librairies puisque votre livre papier sera inscrit dans le réseau idoine. Attention cependant : ils se réservent alors l’exclusivité des droits de reproduction de vos livres, dans le cadre d’un contrat renouvelable, d’un an. Prévoir des frais en cas de retrait anticipé de votre livre (mais c’est possible, c’est déjà ça).

Fermons la parenthèse.]

=> Charges sociales (rappel) : 15,5 % ou 22,9 % selon que vous déclarez au titre des BNC non professionnels (ebooks ou livres papiers vendus via un prestataire tel que bod ou createspace/amazon !) ou en tant qu’auto-entrepreneurs.

=> TVA : 5,5 %. Si c’est le libraire qui récupère le CA, il paiera de la TVA dessus même si vous-même êtes auto-entrepreneurs et ne récupérez pas la TVA ni ne la déduisez. En tout cas, ça me paraît logique, mais si c’est faux dans la vrai réalité, n’hésitez pas à me le signaler. Après tout, www.creatspace.com et KDP facturent tous deux de la TVA aux clients qui achètent les livres sur leur plateforme, que les auteurs soient indés (donc sans doute exemptés de TVA) ou tradis, via un éditeur (donc non exemptés de TVA).

Comment utiliser ces frais pour déterminer la rentabilité de votre livre ?

=> Faites le calcul suivant :

CA HT — total des frais variables

Vous obtiendrez votre marge nette d’exploitation, c’est-à-dire la marge que vous vous ferez sur chaque livre que vous vendrez.

On étudiera cette notion plus en détail demain, ne vous inquiétez pas.

Attention : cette marge va vous servir à rembourser les deux autres catégories de frais. Vous ne savez donc pas encore, à ce stade, ce que vous rapporteront réellement vos livres.

Mais si vous vous retrouvez dans le rouge à ce niveau-là, ce n’est même pas la peine de continuer, car cela signifie qu’à chaque livre que vous vendrez (même si vous en vendez 100 000), vous perdrez un peu plus d’argent.

[Ouvrons la parenthèse en faisant un « Zoom sur les frais d’impression » :

L’auteur (ou l’éditeur, dans le cas d’un tradi) avance ce type de frais. C’est donc un risque financier réel, sauf à passer par une plateforme de crowdfunding ou sauf à faire une séance de précommande comme vient de le faire Karine Carville

(Flash info auteure autoéditée qui décolle : cf ICI. La séance de précommande n’est pas encore achevée, vous ous avez jusqu’au 1er Juin, bande d’heureux veinards ! Le genre ? Le mieux est encore d’aller voir ICI, vous y trouverez la 4éme de couverture du livre Nouvelle Done.)

Pour vous situer l’auteure, elle a été bien placée au « Prix du meilleur polar autoédité » (organisé par « The Book Edition »), recevant les « encouragements du jury ». Ce n’est tout de même pas rien !)

Reprenons le Zoom « frais d’impression » :

Disons que pour un livre de 300 pages, en passant via un imprimeur pas trop gourmand (createspace, www.bod.fr, peut-être www.lulu.com, www.imprimermonlivre.com), il faut compter 5 à 6 € de frais d’impression minimum. Et ça, c’est à partir d’un certain volume d’exemplaires imprimés.

Bien sûr, si on imprime des volumes très importants, ça peut baisser. Mais ça représente quand même un coût important et il faut avoir une sacrée confiance en soi (ou un bon gros matelas financier), vous ne trouvez pas ?

 

Notez bien : createspace est imbattable sur les très petits volumes (type : 10 exemplaires), mais le prix reste identique jusqu’à atteindre les 1000 exemplaires. Une remise globale est alors appliquée (20 %, je crois). Par contre, leurs frais d’envois ne sont pas donnés et ils appliquent des droits de douane au-delà de 50 € d’achats de vos livres.

Solution de contournement des droits de douane : baisser le prix du livre papier au minimum accepté par createspace, attendre que le prix s’actualise sur www.amazon.fr puis acheter ses livres par ce biais et remonter ensuite le prix au tarif préalable.

C’est quand même contraignant, je trouve. Surtout si votre livre papier est présent sur plusieurs réseaux. À tenter seulement si vous ne vendez vos livres papier que via createspace, du coup.

Fermons la parenthèse sur les frais d’impression.]

Catégorie 2 : les coûts fixes.

Ceux-là, vous les paierez, le plus souvent, avant même d’avoir vendu le moindre livre.

Exemples :

=> La réalisation de la couverture : de 100 € à 1 500 € selon les cas. Énorme, hein ? Je n’en revenais pas quand j’ai appris que ça pouvait coûter aussi cher. D’un autre côté, les illustrateurs aussi ont droit de gagner leur pain de ce jour.

A noter, une précision apportée par une aimable lectrice de cet article:

pour les couvertures, si on n’a pas les moyens de faire appel à un illustrateur, on peut acheter des photos pro sur des sites tels que Deposit Photos ou Fotolia, pour quelques euros. Ensuite, avec un logiciel assez basique [ndlr: photofiltre peut apparemment suffire, sinon il y a toujours photoshop ou sa version gratuire, « Gimp »], on peut faire soit-même le titrage (non, pas de rose fluo ni de caractères tarabiscotés, pitié émoticône smile )

=> Les corrections : 1 € pour 1 000 signes, espaces comprises. Un roman de 500 000 signes (plus ou moins 90 000 mots) vous coûtera donc environ 500 €.

=> L’achat d’antidote : un peu plus de 100 € TTC (non, vous ne déduirez pas la TVA là-dessus, sauf à avoir constitué une société : ni les BNC non professionnels ni l’auto-entrepreneur ne peuvent collecter / déduire la TVA)

=> Une traduction ? Les tarifs varient entre 5 et 10 centimes par mot. Ce qui fait qu’un livre de 90 000 mots (500 000 signes environ) coûte entre 4 500 € et 9 000 € à traduire. Oui, vous avez bien lu. C’est très cher !

N’hésitez pas à vous référer aux expériences d’Alan Spade et Jacques Vandroux sur le sujet.

=> Une licence Indesign, pour la mise en page de votre œuvre ? Trop cher ? Ok. Surtout que les toutes dernières versions de ce cher logiciel sont à paiement mensuel ! Dans ce cas, accepterez-vous de payer la prestation d’un maquettiste pro ? Si ça se trouve, vous aurez droit à une réduction d’impôt, mais il faudra quand même débourser les sous.

Poursuivons avec la dernière catégorie de frais.

Catégorie 3 : les coûts cachés.

« Qu’est-ce donc que cette bête étrange ? » me direz-vous sûrement.

Il peut s’agir de coûts fixes ou variables, selon les cas. La différence avec les deux premières catégories, c’est que, bien souvent, au moment de déterminer le prix de vente TTC de votre livre, vous ignorez quel montant exact de coûts cachés vous aurez à débourser pour vendre lesdits livres. Donc, ils sont nettement plus difficiles à intégrer dans votre business plan.

Exemples de coûts cachés :

1/ Frais de promotion /service de presse :

Karine Carville offre un livre papier tous les 10 livres commandés dans le cadre de sa session actuelle de précommande. Cela représente donc un coût de 10 % sur chaque livre vendu en précommande. Il s’agit donc d’un coût variable, mais dont on ne connaît pas le montant à l’avance : impossible d’estimer le nombre de livres qui seront offerts.

2/ Il y a les services de presse, mais on peut aussi parler des « attachés de presse » :

A priori, un attaché de presse, c’est la personne qui parlera de nos livres aux journalistes (TV, magazines, etc.) de façon à ce que nos si belles oeuvres reçoivent un écho maximal chez le public. C’est un coût, c’est sûr. Je pense qu’il vaut mieux avoir déjà un nombre de romans publiés déjà important, de façon à répartir la charge sur plusieurs titres. Disons qu’il est plus rentable de payer pour avoir des retombées sur 5 romans que sur 1 seul, à mes yeux.

3/ Non facturation des frais de port aux clients :

Là encore, vu que ça ne concerne que certaines commandes (celles par la poste), impossible de savoir à l’avance combien ça vous coûtera. D’expérience, un livre envoyé au tarif lettres vous coûtera entre 2,50 € et 3 €. À noter que ce n’est a priori plus autorisé par La Poste, qui demande de passer par des colissimo, donc encore plus cher. Comptez plutôt dans les 4 € à 5 € par envoi. Mieux vaut limiter ce type de frais à l’envoi groupé d’au moins 2 livres, si vous voulez faire un tel cadeau à vos lecteurs et que vous souhaite respecter les CGV de La Poste.

 

3/ frais de participation à un salon / à une dédicace en centre culturel :

Vous avez prévu combien vous paierez en frais de salon sur la durée de vie de votre livre, vous ? Vous êtes fort. Parce que cela recouvre plusieurs types de frais, à savoir :

=> Frais de participation au salon / à la séance de dédicace : forfait au mètre linéaire ou coût variable basé sur le CA HT, parfois rien (les organisateurs prenant en considération le fait que vous avez déjà payé le déplacement), ça dépend. Il y a de tout, dans la nature.

Dans le cas des dépôts-ventes et des ventes en espace culturel, c’est généralement le libraire / l’espace culturel qui récupère le CA et vous lui facturez votre part. Ce qui implique d’avoir un statut ! Càd : auto-entrepreneur, ou société classique (pour récupérer la TVA).

=> Frais de bouche / de logement, si vous comptez rester plus d’une demi-journée.

Bah oui, faut bien manger, non ? Si vous êtes invités, bien sûr, ça ne vous coûte rien.

=> Frais de déplacement, si le salon / la séance de dédicace n’est pas dans votre région, il faut se rendre sur place. Là encore, si vous êtes invités, cela ne vous coûte rien.

=> Goodies: cartes postales / marque page à l’effigie de votre livre / cartes de visite à votre nom / banderolles / panneau d’informations / flyers / porte-clés / twingo clés en main / etc.

=> Achats de livres d’autres auteurs sur place. Si, j’insiste. Si vous n’étiez pas allé au salon X, vous n’auriez pas acheté les 10 livres de l’auteur Y. On peut considérer que ça compte. Bon, ok, cet exemple est un peu extrême. Libre à vous de ne pas le compter. ^^

 

Vous commencez à voir où je veux en venir, non ?

Oui, un auteur indé supporte nombre de frais que n’ont pas à supporter les auteurs tradis.

ATTENTION cependant : je parle du cas « normal » des auteurs tradis. Je suis sûr qu’il existe des maisons d’édition qui n’ont pas les moyens de payer les frais de déplacement de leurs auteurs, ni leurs frais d’inscription aux salons, et ainsi de suite. On parle là des coûts cachés.

On peut aussi noter à nouveau les frais d’impression papier du manuscrit et son envoi aux 10 500 éditeurs de la place. Bien sûr, ces frais-là ne concernent que les auteurs tradis ou hybrides (c’est-à-dire à la fois indépendants et édités de façon traditionnelle, selon leurs livres), mais pas les indés.

En définitive, j’ai le sentiment que nombre d’auteurs tradis, édités par des maisons d’édition aux moyens limités, ont finalement un parcours qui n’est pas si différent de celui d’un indé.

Mais il est à noter cependant qu’une maison d’édition qui ne paye pas les coûts fixes « visibles » et les coûts variables n’est pas une maison d’édition à compte d’éditeur, mais à compte d’auteur.

Ceci conclura le billet d’aujourd’hui. Vous trouverez ci-dessous le sommaire de l’ensemble de la série d’articles en cours.

Je vous souhaite à toutes et à tous de passer une bonne soirée et vous dit « à demain, si vous le voulez bien ! »

SOMMAIRE des différents articles sur le sujet « rentabilité du livre » :

Jour 1 : comparons ce qui est comparable. Amazon vous verse 70% au maximum, mais votre porte-monnaie n’en verra jamais la couleur. Pour en savoir plus

Jour 2 : Quels sont les différents type de coûts qui entre dans la détermination de la rentabilité de votre pris ? Pour en savoir plus

Jour 3 : Quid de la rentabilité (et des formalités administratives) d’un livre (papier et ebook) pour un auteur indé ? Pour en savoir plus

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20 réflexions sur “Les différents types de coûts et de frais derrière l’impression et la vente des livres papier

  1. Bonsoir Pascal,
    Ici, on sent le pro 😉
    Quelques petites notes :
    – Le prix de la couverture peut aller jusqu’à des milliers d’euros, mais les indés resteront en général dans les 100-400 euros. E, plus, il ne faut pas oublier les frais d’illustration, pour des couvertures qui n’utilisent pas des photos de stock, mais des dessins originaux.
    – Tu estimes les corrections un peu haut. Ma correctrice est aussi relectrice et elle facture ses services moins cher que cela.
    – Certains frais s’excluent mutuellement, comme la marge du libraire et les frais d’expédition.
    Pour le reste, tu offres un tableau très réaliste de ce que devra débourser un indé.

    Et une réflexion générale : tu confirmes que l’auto-édition sérieuse s’apparente à une entreprise, parce que les calculs que tu présentes sont absolument nécessaires pour estimer la rentabilité de la publication.

    • Hello Guy ! 🙂 Tout à fait, l’auto-édition est une entreprise artisanale, ce qui implique un minimum d’investissement financier avant d’espérer grappiller quelques sous.

      Alors, pour te répondre sur les points que tu soulèves:

      1/ Oui, tout à fait, les couvertures coûteront généralement maximum 400€ pour un indé, mais ce n’est pas une borne maximum pour autant. Le but était plutôt de donner un ordre d’idée du genre minimum / maximum.

      2/ Tiens oui, j’avais négligé le côut d’une illustration intérieure. Je rajouterai ce type de coût, mais à mes yeux, il n’est pas nécessaire pour la réussite commerciale d’un livre. Ne te méprends pas: je pense qu’illustrateurs et auteurs ont tout à gagner à travailler main dans la main et c’est ce que j’ai essayé de faire avec « Chroniques d’une humanité augmentée »: chaque nouvelle est accompagnée d’une illustration.

      3/ Corrections: pas forcément d’accord. Je connais au moins 2 correcteurs qui pratiquent ces tarifs. Et pour les auteurs qui passent par le compte d’auteur, j’ai le sentiment que tu peux multiplier par 2 ou 3.
      SI ton correcteur pratique des tarifs inférieurs, c’est une bonne chose ! Il faut se dire qu’il n’y a, au final, que des cas particuliers. Chacun négocie les tarifs avec son correcteur attitré, et j’imagine que lorsqu’il y a travail commun depuis déjà quelques temps et que la confiance s’installe, ça peut faire baisser les tarifs (peut-être?). Bref.

      4/ Frais s’excluant mutuellement: oui, bien sûr que certains frais s’excluent, mais pas forcément ceux dont tu parles. Bon c’est sûr que ce serait se tirer une balle dans le pied, mais on peut très bien imaginer envoyer des livres par la poste à un libraire, pour un dépôt vente. Et il y a deux types de frais d’envoies: ceux depuis l’imprimeur jusqu’à ton domicile et ceux de ton domicile jusqu’à celui de ton client / de ton libraire.
      Woilà woila. 🙂 Merci d’avoir pris le temps de lire mon article. Il est un peu long, Je pense que ça va en refroidir. J’en ai un peu peur, en tout cas. ^^

      • L’argent est un sujet brûlant. Les auteurs concernés liront jusqu’au bout. Il y ont intérêt, en tout cas.

      • Oui, mais je crains que seuls les auteurs déjà au courant dans les grandes lignes ne prenne le temps, justement. Et que ceux qui pratiquent en dilettante, et qui risquent ainsi de se brûler les ailes (financièrement parlant) soit ceux qui ne liront pas jusqu’au bout. Enfin, j’aurais fait mon possible pour avertir. ^^

  2. Je confirme aussi ces chiffres.

    Dans le domaine de l’imaginaire, qui est celui que je connais, plus un salon est côté, moins un auteur indépendant aura de chances de s’y faire inviter. Et le prix du stand devient très vite prohibitif, à tel point qu’on a plus l’impression de travailler pour le festivalier que pour sa pomme.

    Deux exemples:
    – le Festival Trolls & Légendes, un très beau festival européen de Fantasy: le stand y est à 120€, donc abordable, mais manque de bol, cette année ils ne prenaient aucun auteur autoédité, même en payant le stand et en s’y prenant 8 mois à l’avance.
    – les Imaginales d’Epinal, où le stand est à 300€. Là il faut vraiment enchaîner pour que ce soit rentable.

    Ces deux salons accueillent aussi des illustrateurs qui eux, il me semble, ont une vraie carte à jouer car ils attirent en général plus de monde (sauf si l’auteur est méga connu comme Robin Hobb).

    Et par expérience, très très peu de retombées, c’est à dire qu’une fois que le salon est terminé, si on n’a pas déjà rentabilisé sa place, c’est mort.

    Après, les salons gratuits sont légions, mais c’est difficile de démêler lequel d’entre eux peut s’avérer profitable, il y faut une vraie expertise. Certains auteurs indépendants y excellent, mais ce n’est clairement pas la norme (et je n’en fais pas partie).

    Je dirais que les salons sont avant tout conçus pour des auteurs traditionnellement édités. Mais c’est aussi un vrai risque pour les petits éditeurs (disons qu’en diversifiant leurs titres, ils ont plus moyen de retomber sur leurs pattes).

    • C’est là tout l’avantage des éditeurs sur les auteurs: ils n’ont pas que les livres écrits par une unique personne à vendre, sur un stand. ^^. Idée éventuelle: mutualisation de l’inscription à un salon. En se serrant un peu, ça devrait pouvoir passer, non? Je ne suis pas bien épais, en tout cas^^.

      Je connais une auteure qui excelle manifestement en salons et en centre culturel, mais elle n’écrit pas de la fantasy. Mais bon, j’imagine qu’il existe des salons mixtes littérature classique et de genre.

      Mais quand tu dis qu’on peut rentabiliser 100€ de frais d’entrée, ça me fait penser que mes 60 livres papiers vendus, c’est du pipi de chat. Ok, je m’en doutais un peu. ^^

      • Au contraire, 60 livres papier vendus sur un salon, je n’y suis jamais arrivé. Bravo, c’est une performance! A moins de payer tes livres très très cher chez ton imprimeur, tu dois rentabiliser!

        J’ai fait 70 livres en deux jours sur un week-end, mais c’était en centre culturel, pas en salon!

        En salon c’est beaucoup plus difficile parce que tu as la concurrence des autres auteurs.

        Soit dit en passant, je préfère largement qu’on me prenne une marge sur un livre plutôt que de payer une somme fixe pour un stand: avec la marge, tu es sûr de ressortir sans avoir perdu d’argent (sauf si c’est à l’étranger et que les frais de déplacement/hébergement soient trop importants).

        Pour la mutualisation, c’est une idée, mais en fait, personnellement, j’ai tendance à éviter les salons. Trop de plans galère dans mon expérience (mais c’est sans doute moi).

      • En fait, je vendais mes livres trop peu cher, ce qui explique qu’ils se soient aussi bien vendus. Et vu que je n’avais pas pris le temps de faire le travail de calcul de marge que je fais à présent… Enfin bref… ^^ Les salons, pour y réussir, il faut combiner, je crois, 2 facteurs: 1/ un certain type de personnalité. 2/ un livre dans le genre qui marche.
        Il y a un 3éme facteur, je pense: être connu ou bénéficier du nom d’une maison d’édition très réputée.

  3. Merci pour cet article. Il faut également compter dans les frais, le renouvellement du matériel informatique et tout ce qui est petite fourniture (papier, enveloppes, toners ou cartouches d’encre, logiciels, etc.).
    Pour revenir aux salons, quand je bossais dans la BD, on me payait tous les frais (déplacement, hôtel, resto). C’était l’âge d’or de la BD, je vous rassure.
    Maintenant, si je dois faire des centaines de kilomètres, me payer l’hôtel et le resto, je refuse net. En tant qu’indépendant, mes meilleures ventes en salon ont dû avoisiner les 20 exemplaires. Impossible de rentabiliser un salon dans ces conditions. Par contre, je connais un auteur BD indépendant qui vend en moyenne une centaine de BD par salon. Pour lui, c’est rentable.
    Je ne fais plus de dépôt vente chez les libraires. Beaucoup de temps et d’efforts pour des résultats aléatoires. Je vends en moyenne annuelle 250 exemplaires papier via Amazon CreateSpace.
    Je trouve correct par rapport à ce que je vendais chez mon dernier éditeur.
    Mes revenus viennent du numérique.
    Comme beaucoup d’auteurs, mon grand regret est de ne pas être présent en librairie. Reste à inventer un réseau de diffusion et de distribution destiné aux indés. Et qui puisse permettre aux libraires de vivre décemment.
    Parce qu’il existe nombre de libraires passionnés qui n’hésitent pas à se battre pour des livres sortant des sentiers battus. Pour info, je donnais 40% de remise à un petit libraire qui se battait pour mon roman: il en avait vendu plus de 120 exemplaires dans sa maison de la presse. Tout le monde y trouve son compte.

    • Merci pour ce retour, Philippe. Moi non plus, je ne fais plus de dépôt vente chez les libraires, exactement pour les mêmes raisons que toi.

      L’exemple que tu cites sur ce libraire qui se battait pour ton roman est le bon. C’est cela qu’il faut développer, c’est ce que Joe Konrath a fait lorsqu’il était traditionnellement publié: il est devenu l’ami de nombreux libraires, qui se battaient pour ses romans.

      Après, c’est vrai qu’il faut développer un réseau de distribution, et là, ça devient tout de suite très épineux.

      250 exemplaires/an chez Createspace, c’est super, j’aimerais atteindre un tel chiffre (moi c’est plus aux alentours de la dizaine par an).

      Sinon, pour les libraires, je fais une offre de remise à 50% pour dix livres commandés en commande ferme, quels que soient les titres (ça peut être dix commandes d’un même ouvrage ou deux de chaque, par exemple). C’est de la vente ferme, et ça implique que l’on croie en ce que j’écris, et que l’on connaisse suffisamment sa clientèle pour être sûr qu’il y aura preneur sur les dix livres.

      Et là, je viens de créer un coffret pour ma trilogie qui ne sera vendu qu’en dédicace. Ça a été très très prise de tête à mettre au point, mais ça devrait arriver d’ici un mois, et je crois que je serai content du résultat.

      • Alan, Philippe: ce soir (vers 21h30), je publierai un dernier article dans lequel je donnerai un outil de calcul de rentabilité (fait maison) qui me paraît assez flexible pour convenir à la plupart des cas de figure. Il s’agit d’un outil d’estimation, qui calcule la marge sur frais variable et le point mort. Càd: le nombre de livres a vendre pour atteindre l’équilibre.
        le tout, dans un tableau plutôt compacte et clair (enfin, à mes yeux^^).

    • Rien n’est simple, en effet. Comment assurer sa diffusion en tant qu’indépendant… Bon, des sites comme http://www.bod.fr semble aider à la diffusion en librairie en inscrivant les livres papier sur le réseau des libraires, mais je n’ai encore jamais testé.
      A part ça, je connais une auteure adepte des salons qui, elle aussi, m’a clairement dit que le depot vente, c’était compliqué. Elle trouve que sans présence personnelle, les ventes sont très sporadiques…

  4. Pour nous, le calcul a été rapide: laisser des livres en dépot vente en librairie nous fait perdre de l’argent, sans même prendre en compte tous les frais que tu indiques.
    De plus, on ne dispose pas du temps nécessaire qu’il faudrait y consacrer. Idem pour les Salons.
    Createspace est donc idéal pour nous. Pas de frais, que des redevances s’il y a des ventes. Pas de temps passé.
    Et je précise que le dépot légal à la BNF est également obligatoire pour l’impression à la demande.

    • Bonjour Jacques,
      Je te remercie pour ta précision sur le dépôt légal. J’avais cru, de bonne fois, à une mention signalée sur le site d’un imprimeur (l’idée d’un minimum de 100 livres imprimés).
      J’ai donc corrigé le tir et remplacé par une phrase tirée du site de la BNF (avec lien vers le site idoine).

      C’est sûr que pour aller vendre de façon régulière sur des salons, il faut du temps. Et je déconseille fortement à ceux qui doutent de leur capacité à vendre assez de livres pour déjà rentabiliser les frais d’entrée (mètre linéaire) de participer à des salons impliquant frais déplacement et de logement… C’est clair que le jour où je tâterai du salon, je le ferai tout près de chez moi… ^^

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  6. Très bon article, très utile pour tout ceux qui se lancent et croient que ça va aller tout seul…
    – Le système tarifaire de Createspace n’a d’intérêt que si on commande en petite quantités. Pour info, je donne le coût du dernier livre imprimé, en 600 ex (papier bouffant 90 cream le plus cher) 2,44€ TTC l’ex, port compris et paiement à 60 jours…
    – Si BOD me semble une bonne solution pour publier sans frais et être bien distribués, ils inscrivent juste leurs livres sur DILICOM où les libraires et autres plateformes du net) peuvent les commander d’un click à la SODIS (le distri de Gallimard). Ce que regrettent les libraires, c’est qu’ils n’ont pas la possibilité de retours. Et BOD ne s’occupe pas de diffusion, bien sûr. Donc c’est à l’auteur de faire sa promo. Par contre avec le contrat d’un an, l’engagement est réduit et s’il y a le moindre problème ça se règle facilement. Chez eux l’auteur paye les livres sur facture plusieurs semaines après réception de sa commande.
    – En ce qui concerne le dépôt vente chez les libraires, j’ai essayé au début. J’avais une bonne trentaine de librairies pendant 3 ans. Puis petit à petit j’ai laissé tomber. Frais de déplacements pour faire la tournée, faibles ventes (2 à 5 livres par an), impayés (eh oui ! à compter aussi…). En ce moment, j’ai juste quelques libraires autour de chez moi.
    – Pour les frais de La Poste avec les augmentations de tarif et les nouvelles règles 2015 on peut envoyer en lettre prioritaire tout ce qui fait moins de 3cm d’épaisseur. Pour les livres en bouffant de plus de ~300 pages et +, on passe direct au Colissimo à 7€… un vrai scandale !
    – Pour les salons, j’en fais dans toute la France. A cause des déplacements (km et hotel) qui sont de plus en plus rarement pris en charge, ça revient cher et les ventes (1 à 70 ex. pour moi sur un we) ne compensent même pas les frais sur une année. Par contre c’est un bon outil de promo et on a parfois de belles commandes surprise (DILICOM) par la suite… Et rencontrer ses lectrices/lecteurs ça n’a pas de prix !:D

    • Bonsoir Daniel, je vous remercie pour ce retour d’expérience.

      Une trentaine de libraire en dépôt vente à suivre, c’est une sacrée aventure, j’ai l’impression ! Ca doit requérir beaucoup d’énergie.

      Concernant BOD, je me laisserais bien tenter pour le côté SODIS, justement. Bien sûr, ils ne s’occupent pas de la promotion, mais si les libraires peuvent commander facilement, c’est déjà ça de fait, je me dis. Et par contre, il me semble logique qu’il n’y ait pas de possibilité de retour vu qu’il ne s’agit pas de « vente d’office », mais d’une commande libraire, non? Bon, je comprends que le libraire pense à ses marges, cela dit. On doit tous manger, à la fin du mois (et au début aussi, d’ailleurs ^^)

      Merci encore d’avoir lu mon article et d’avoir laissé un commentaire, en tout cas !

      • De toute façon les dépôts vente, ça coûte aussi cher que de passer par un distributeur, sauf si on habite à Paris et qu’on peut faire sa tournée avec le métro et son sac à dos…

        Les « offices » c’est différent. Ce sont des nouveautés qui sont envoyées d’office dès parution. C’est comme ça que les libraires reçoivent 10 ou 15 cartons de bouquins par semaine x par 2 ou 3 diffuseurs en échange de grosses remises. Et que les tables sont couvertes de ces livres qui tournent très vite.
        Pour les commandes hors office, le libraire a en général le droit de retourner les invendus dans un certain délai. Le distributeur (ou l’éditeur), dans ce cas, leur fait un avoir.
        Mais pour BOD, comme c’est de l’impression à la demande, ça marche pas. Donc les libraires ne commandent que pour satisfaire une demande de client.
        C’est d’ailleurs ce qu’ils font tout le temps désormais : ils commandent les nouveautés, renvoient les invendus un mois après sans garder de fond et commandent par DILICOM au coup par coup si un lecteur souhaite acheter un titre. Ils n’immobilisent plus des milliers de livres (= des dizaines de milliers d’€) dans leurs rayons…

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