Comment organiser l’écriture d’un roman – suite et fin

Nous avons vu avant-hier (ici) comment j’en étais venu à imaginer une façon efficace (pour moi, en tout cas, mais pourquoi pas pour vous aussi ?) d’écrire un roman.

Puis, hier (ici) , j’ai décrit la façon dont j’avais échoué, par le passé, à écrire un roman, avant d’aborder la façon générale dont je m’y suis pris l’an dernier, pour l’écriture du tome 1 (à paraître début ou mi 2016 en auto-édition) des Terres Sombres.

Aujourd’hui, nous allons rentrer dans les détails (et conclure !).

Pour rappel, nous avons donc comme matériaux de base :

— Une intrigue générale synthétique

— La scission de cette intrigue générale en six parties distinctes prévues pour tenir en 10 000 mots environ, mais dont le synopsis reste encore volontairement vague à ce stade (quelques phrases, des actions, des personnages à faire figurer, des morceaux de dialogue, etc.)

— Des fiches détaillées de personnages (y compris leur passé)

— Une volonté de fer !

Après avoir rassemblé tous ces éléments, j’ai donc défini le scénario (d’une façon nettement plus structurée, à présent) des deux premiers épisodes.

J’insiste sur ce point : il s’agissait de « synopsiser » uniquement les deux premiers épisodes ! L’idée étant d’éviter de s’épuiser en synopsis en voulant à tout prix TOUT détailler, jusqu’au mot « FIN », et ce, avant même d’avoir jeté la première ligne de premier jet sur le traitement de texte.

Puis, j’ai entamé le premier jet (toujours des deux premiers épisodes uniquement) et ce n’est qu’une fois les deux épisodes achevés, relus et corrigés (y compris la traque des répétitions), que je suis passé à l’écriture détaillée du scénario des deux épisodes suivants, et ainsi de suite !

Un avantage indéniable à cette technique, c’est que ça me permet d’alterner les différentes phases de l’écriture, à savoir :

1/ Premier jet : souvent un moment de bonheur, quand on ne s’appesantit pas trop sur les défauts inhérents à cette phase de l’écriture.

2/ Relecture : déjà plus fastidieux, puisqu’on le connaît bien, son texte !

3/ Corrections de base : reformulations diverses, traque des répétitions, etc…

4/ Corrections suite aux retours des lecteurs-tests / alpha-lecteurs / bêta-lecteurs

Alterner ces phases permet d’éviter l’écueil « montagne insurmontable / escalade de l’Everest » au moment de se coltiner (le mot est faible) la relecture / les corrections / l’élimination des répétitions d’un énorme bloc de 500 000 / 750 000 / 1 000 000 de caractères (espaces compris ou non, on s’en fout bien, à ce niveau).

Franchement, vous voulez mon avis ? Me dire que je vais devoir réduire les 10 000 répétitions de mon roman de 200 000 mots me bloquerait irrémédiablement. Alors que me frotter aux 500 répétitions de mon épisode de 10 000 mots, ça oui, je suis capable de l’envisager. Pourtant, une fois que vous aurez écrit 20 épisodes, vous aurez effectué exactement la même somme de travail ! Sauf que vous ne l’aurez pas vu passer, ce travail.

En synthèse : alterner les phases de travail permet de réduire le temps à passer sur chacune d’entre elles.

Autre avantage : cela me permet aussi de réduire le travail nécessaire en amont (2 épisodes à synopsiser et non pas 6, voire plus si affinité).

Je suis donc en mesure de me mettre plus rapidement à l’écriture à proprement parler !

Scinder les phases d’écriture détaillée de mes synopsis me permet aussi d’intégrer plus facilement dans le scénario des événements ou des personnages non prévus initialement (et ça m’arrive fréquemment).

N’oubliez pas : le texte « en aval » (qui n’existe à cet instant que sous la forme d’un rapide et encore très synthétique synopsis) est quand même plus simple que de corriger un texte que vous avez déjà rédigé.

Les résultats :

Avec cette technique, j’ai terminé un roman de près de 55 000 mots en trois ou quatre mois l’an passé, sans me lasser un seul instant. Sur mon précédent roman, j’avais fini par jeter l’éponge au bout de cinq ans.

Ça fait tout de même un sacré distinguo, non ?

Cette année, avec cette technique, je suis en passe de terminer la rédaction d’un nouveau roman (de près de 80 000 mots, cette fois-ci) en à peine plus de cinq mois.

Là où je pense que ma « technique » est universelle, c’est qu’elle peut se résumer à ces petites phrases toutes simples :

 

1/ Achetez-vous de la colle à cul !

Hé oui, il faut savoir rester vissé sur sa chaise et écrire, tout simplement. Trouvez l’endroit où vous sentez le plus à l’aise, faites taire cette petite voix qui vous dit que vous avez d’autres trucs à faire plus important, et écrivez !

2/ Ne regardez pas la montagne, focalisez-vous sur le chemin à vos pieds !

Encore une fois, « à chaque jour suffit sa peine », non ? Vous verrez, à la fin, vous serez surpris d’avoir écrit tant de mots quand vous les mettrez bout à bout.

Soit dit en passant, il n’y a pas que lors de l’écriture d’un roman qu’il peut être utile de « diviser une tâche insurmontable en plus petites tâches ». Je pense que ça peut s’adapter à tout. Voyez cet article de blog ! J’aurais pu vous assommer avec ses plus de 3 000 mots en une seule fois, avant-hier. Auriez-vous apprécié ? Je ne crois pas. Les journées ne font que vingt-quatre heures et ont a tous trop de choses à faire.

De plus, cela apporte à mon blog une visibilité supplémentaire, car étalée sur trois jours.

Je pense d’ailleurs que c’est aussi valable pour des publications sur Amazon, par exemple. C’est d’ailleurs aussi pour cette raison que je divise mes romans en épisodes, désormais : ainsi, je peux proposer à la vente des épisodes à publication mensuelle. Je vais me lancer dans cette méthode de publication à compter du 15 juillet prochain, pour mon projet du « Chant de l’Arbre-Mère »

N’oubliez d’ailleurs pas que vous pouvez toujours vous procurer gratuitement ce roman-feuilleton en vous rendant ici, sous la forme d’une souscription : vous recevrez les épisodes 2 semaines avant publication, directement dans votre boite mail)

C’est même vrai en terme de prix. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il me semble que davantage de gens sont prêts à payer 0,99€ pour une nouvelle de 20 pages que 9,99€ pour un petit roman de 200 pages.

De la même façon, et dans un domaine différent, il me semble bien que les petits appartements ont un coût de location au m² supérieur à celui des plus grands appartements (de même standing, bien sûr. Comparons ce qui est comparable).

Pourquoi les portions individuelles se sont-elles autant développées, selon vous ? Bien sûr, il y a le fait qu’on vit plus longtemps seul chez soi qu’avant. Mais à mon avis, s’y ajoute la crainte de trop débourser d’un coup.

Bref, je scinde mes romans, non pas seulement pour une question d’organisation, mais aussi de pricing et d’accessibilité. Je tiens à ce que toutes les bourses puissent s’offrir mes épisodes. C’est d’ailleurs pour cette raison aussi (et par esprit marketing, avouons le) que le premier épisode du « Chant de l’Arbre-Mère » est prépublié sur Wattpad et qu’il sera disponible à titre gratuit sur les plateformes telles Amazon.

3/ Alternez les phases !

Premier jet / relecture / corrections / re-relecture / re-corrections / etc.

Qu’on les apprécie ou pas (là, ça dépend des gens. Moi, je préfère le premier jet), toutes ces phases sont nécessaires. Divisez-les et vous régnerez. Regroupez-les et elles vous écraseront sous le poids de la procrastination et du sentiment éventuel de culpabilité.

Enfin, dernier conseil :

4/ Quand vous premier-jetisez, coupez vous du monde !

Ou presque, en tout cas. Rien de plus déconcentrant que d’entendre les alertes Facebook ou de messagerie.

Pour éviter ce problème des sollicitations extérieures, jusqu’à l’année dernière, j’écrivais d’abord sur papier (ordinateur coupé) puis je recopiais. Durant cette phase de recopie, focalisation sur le texte aidant, je n’étais que très peu déconcentré même en cas de biiip Facebookien. Cependant, et malgré les quelques avantages que je trouvais à écrire d’abord sur papier, j’ai fini par me dire que ça me prenait trop de temps.

J’ai donc réquisitionné mon mini ordi (un eee-pc de faible puissance). Impossible de jouer dessus, même internet rame à mort. En outre, depuis janvier, encore une fois, j’ai quatre heures de trajet maison-travail chaque jour. Ça peut sembler beaucoup (non, ça peut semble énorme !), mais quand on y pense, au cours de ces trajets, je n’ai pas internet. Qui plus est, je suis assis. Casque dans les oreilles, je pose mon sac à dos sur mes genoux, mon ordi-mini sur ledit sac, et hop, dans ma bulle !

Et là, j’écris. Entre lundi matin et mardi soir, en deux allers-retours, donc, j’ai jeté près de 8 000 mots sur le traitement de texte. Elle est pas belle, la vie ?

« FIN ».

Vous voyez, je ne vous avais pas menti : le voilà, le mot « FIN ».

Tous ces conseils sont à prendre ou à laisser, ou encore à adapter librement, cela va sans dire.

Mais une chose est sûre : ces conseils que je viens d’énumérer me paraissent simplement « de bon sens » et je pense sincèrement qu’ils peuvent s’appliquer à beaucoup de cas différents du mien, vous ne trouvez pas ?

Alors… À bon entendeur ! 😉

PS: vous avez aimé cet article? Si c’est le cas, je suis sûr que ça peut intéresser les gens qui vous entourent, dans ce cas, alors n’hésitez pas à commenter ou à partager. 🙂 Merci pour l’auteur ! 😀

Vous n’avez pas aimé cet article? Dites nous pourquoi: c’est par l’acceptation de la critique constructive qu’on progresse!

Bien à vous.

 

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