Entraide entre auteurs indépendants et marketing du livre

« Entraide entre indépendants et marketing du livre »

Ces deux sujets, à la base, semblent n’avoir que peu de points communs.

Dans un cas, on essaye de fédérer plusieurs auteurs pour qu’ils conjuguent leurs efforts en direction d’un objectif commun, quel qu’il soit.

Dans un second cas, un auteur tente de gagner des lecteurs par la promotion de son/de ses œuvre(s).

Je pense pourtant qu’un auteur gagnera forcément à élaborer des stratégies marketing en collaboration avec ses confrères. Et j’ai le sentiment de n’être pas seul à le penser, si j’en juge par cet article (en anglais de David Gaughran. Il y est question d’envois coordonnée par deux auteurs (Matt Iden et Nick Stephenson) d’emailings vantant le livre de l’autre (avec cadeau « physique » – une liseuse kindle, en l’occurrence – à la clé, mais pas seulement.

Le travail collaboratif entre auteurs peut prendre plusieurs formes. En ce qui me concerne, j’en ai testé quelques-unes :

J’ai écrit plusieurs textes à quatre mains (cf mes textes parus sous le pseudo Agreste Piaf, qui ont été écrits en collaboration avec Sylvain Renée de la Verdière.

Je participe aussi, régulièrement, à l’atelier d’exercices d’écriture en ligne d’Asphodèle (tiens, d’ailleurs, il y a une session cette semaine).

Il s’agit d’écrire, puis de publier, un court texte (moins de 700 mots, désormais) sur un thème précis (cette semaine, c’est le thème du « désir » qui a été choisi), et d’y incorporer une liste d’environ 20 mots, qui sont proposés par les participants eux-mêmes. À une époque pas si lointaine, je participais aussi à l’atelier du même genre organisé par Olivia Billington. Je produisais alors une nouvelle par semaine.

Pour relire mes textes produits dans ce cadre-là, consulter la rubrique « Ateliers d’écriture en ligne ».

Enfin, j’ai récemment écrit une courte nouvelle (1 300 mots) intitulée « Un froid glacial », inspiré par un thème (la photo d’une salle de bal en ruine) trouvé sur le blog de Guy Morant. Lui-même a joué le jeu, sur la base d’une autre photo issue du même article de son blog, partageant le même dimanche un texte intitulé « Whisky ».

Nous nous sommes d’ailleurs demandé, Guy et moi-même, s’il ne serait pas intéressant d’étendre le concept : réunir plusieurs participants autour d’un thème unique, une fois tous les deux ou trois mois, avec publication commune à la clé.

Pourquoi pas ? Que les auteurs intéressés se dénoncent ! J

Et le marketing, dans tout ça ? me demanderez-vous sans doute.

On y vient. Mais songez qu’une action concertée par plusieurs auteurs aura immanquablement plus d’impact que si ces mêmes auteurs tentaient de tirer la couverture vers eux de façon individuelle, ne serait-ce que parce qu’on n’a pas tous les mêmes contacts. La preuve, le dimanche où j’ai publié le texte écrit en collaboration avec Guy Morant, mon blog a connu une bonne fréquentation (plus de 80 pages vues : en ce qui me concerne, c’est beaucoup).

Je suis novice en matière de marketing, il faut bien l’avouer. Je suis novice en matière de publication aussi, alors… Mais je fais des efforts pour me soigner ! Déjà, publier sur amazon a été un pas énorme.

Avant, je partageais des textes sur un blog privé. Puis, cocyclics est passé par là, suivi d’un concours de nouvelle organisé par le blog « Notre Nouveau Monde » (merci à Aramis Mousquetayre, que je salue au passage). Depuis, je m’auto-édite. D’une façon encore un peu timide, je l’avoue, puisque la majorité de mes écrits terminent sur ce blog, accessibles gratuitement.

J’entends déjà les cris de ceux qui considèrent que publier gratuitement, c’est dévaloriser le travail de l’artiste. Je ne suis pas d’accord. La « perma-gratuité » est un outil marketing parmi d’autres, qu’il faut savoir manier avec subtilité. Cela implique de le faire avec certains textes, dans certaines conditions, à certains moment précis (à moins que ce ne soit l’inverse ?).

Démonstration : j’ai pu lire ici ou là un auteur ou un autre dire que son roman publié sur amazon avait dégringolé dans les classements suite à une période de gratuité, alors qu’il marchait bien avant.

Je ne crois pas que passer un livre de « payant » à « gratuit » puis inversement soit une bonne idée. Je crois qu’un livre doit être gratuit ou payant, pas les deux, de façon à ce que la ligne de conduite de l’auteur soit claire aux yeux du lecteur.

Ou alors, il faut le faire dans certains cadres précis. Par exemple, proposer son livre à la vente sur amazon de façon payante et le proposer en tarif réduit (voire gratuit) en échange d’une action concrète de la part du lecteur.

Quel type d’action serait attendu de la part du lecteur potentiel ?

Au hasard : inscription à la newsletter de l’auteur. J

C’est d’ailleurs ce que je m’apprête à faire avec mon « Chant de l’Arbre-Mère », spécifiquement via la foire aux cadeaux de l’auto-édition. Il s’agit très certainement d’une occasion temporaire, qui s’ouvrira dès le 24/04 prochain ! Profitez-en, il n’y en aura pas pour tout le monde. (naaan, je rigole ! Enfin, je crois… ^^’)

Pour plus d’informations sur cette offre temporaire, cliquez ici.

À ce propos, si vous voulez commencer à découvrir ce texte, j’ai commencé à le partager sur Wattpad. Je compte pré-publier ainsi l’intégralité du premier épisode de ce « roman-feuilleton ».

Cette idée de la perma-gratuité, Guy Morant en parle d’ailleurs dans un article datant du week-end dernier. Il y expose les stratégies de marketing qu’il compte exploiter dans un proche avenir. Un article intéressant, que l’on pourrait sous-titrer ainsi : « de la perma-gratuité et de l’usage d’un newsletter ». Nick Stephenson fait lui-même un grand usage du « permafree », avec semble-t-il pas mal de succès.

Pour aller plus loin sur le thème de l’entraide entre indépendants :

Nous autres, auteurs indépendants, avons tout intérêt à nous unir pour avoir plus d’impact auprès des lecteurs. Cela peut se faire via :

  • La mise en commun de nos écrits (cf exemple de l’écriture à 4 mains ainsi que de la publication coordonnée d’un texte en commun avec Guy Morant). Pourquoi ne pas, in fine, envisager des publications communes à titre payant sur Amazon ? Les auteurs anglo-saxons le font déjà.
  • Une communication croisée dans nos newsletters respectives. En effet, les ventes croisées entre nos lecteurs sont un autre atout. Il ne faut pas négliger la puissance du « ceux qui ont acheté tel auteur ont acheté tel autre ». Inciter vos lecteurs à acheter le dernier livre d’un auteur indépendant au style similaire pourrait bien inciter, indirectement, les lecteurs de cet autre auteur à découvrir vos livres !
  • La mise en place de « lotteries » communes, avec livres papier d’autres auteurs à la clé. Là encore, Nick Stephenson l’a fait. Étant inscrit à sa newsletter, j’ai reçu une invitation de sa part à participer à une grande loterie avec, à la clé, et pour une personne unique, la possibilité de gagner une quinzaine de romans policiers (version papier !) d’auteurs indépendants. Par contre, les zones géographiques étaient restrictives et la France ne faisait pas partie des pays acceptés, hélas…
  • Pourquoi pas l’utilisation d’un site de vente commun aux auto-édités ? Bruno Challard le propose, il me semble bien, avec sa Librairie de l’auto-édition. Problème : le site semble mal référencé par google…
  • Réalisation d’interventions croisées sur nos blogs respectifs: interviews ? Article invités ? Échange de liens ? Toutes les idées sont les bienvenues !
  • On pourrait étendre le champ de nos réflexions en dehors du milieu du livre, par exemple en lien avec l’industrie des jeux vidéo, de la musique ou des YouTubers / booktubers. Jean-Sébastien Guillermou a ainsi composé une bande-annonce pour sa trilogie des « pirates de l’escroc-griffe» (un livre dont je vous recommande chaudement la lecture – une chronique est d’ailleurs en préparation – et qui peut s’acquérir sur amazon pour la modique somme de 4,99€). Là, ça devient quand même plus compliqué à réaliser, il faut bien avouer…
  • [EDIT, sur une suggestion de Sophie G.Winner]: publier dans un ebook commun les premiers chapitres des livres de plusieurs auteurs différents. trois possibilités: classer les textes retenues par « genre » (eg: un florilège « fantasy », un autre « sf, policier, romance… »), mixer les textes quel qu’en soit le genre, ou faire les deux à la fois. Je serais plus d’avis de choisir la troisième option, histoire de répondre à la fois à la volonté de certains de ne lire qu’un certain genre, tout en permettant à ceux qui le souhaitent de faire des découvertes.

 

Bon, on va s’arrêter là, sinon je ne sais pas jusqu’où ça va nous mener, tout ça. ^^’

Dans un prochain article (parution dimanche prochain, a priori), je parlerai plus en détails du statut si particulier de l’auteur indépendant et de son rapport au marketing.

Restez en alerte !

En attendant, profitez du beau temps. 😉

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17 réflexions sur “Entraide entre auteurs indépendants et marketing du livre

  1. Bonsoir Pascal,
    Il y a beaucoup à dire sur ton article très riche.
    D’abord, je dirais qu’il ne faut pas confondre atelier d’écriture et collaboration. Dans le premier cas, on apprend le métier d’auteur ; dans le second, on bosse. La collaboration peut prendre plusieurs formes, mais elle est toujours censée apporter un plus : une émulation, de nouvelles idées, un enrichissement mutuel, une vision de l’autre sur ton texte, etc. Aux USA, Sean Platt, David Wright et Johnny B. Truant travaillent ensemble dans ce sens.
    Partager ses listes relève d’une autre démarche : il faut que les listes soient compatibles, pour qu’un lecteur de SF ne se retrouve pas sur une liste d’amateurs de porno impliquant des dinosaures (clin d’œil à Jean-Philippe Touzeau).
    Quant aux collaborations hors écriture en commun, elles sont toutes intéressante, et elles accroissent la visibilité des deux auteurs.
    En fait, je crois que notre plus grand effort devrait viser à donner à l’auto-édition une visibilité collective et une image positive.
    Concernant l’idée de publications communes et de thèmes fédérateurs, je suis toujours aussi partant.

    • Quand je dis qu’asphodele propose un atelier d’écriture, c’est peut être un abus de langage en effet. Il s’agit plus de jeux d’écritures. J’ai participé à un atelier d’écriture sur paris pendant 3 mois, par contre.
      Je ne pense pas que partager sa mailing liste soit une bonne idée. Si un lecteur s’inscrit chez un auteur, il peut être gêné d’apprendre que son émail a été donnée a un autre. Je pensais plutôt à ce qu’un auteur incite ses lecteurs a jeter un oeil favorable à la production d’un confrère oeuvrant dans un genre similaire.

  2. Nous avons les mêmes lectures anglopones ! 😉 Je passe ton billet dans le Mag des Indés. Intéressantes tes propositions. Je les note. Bonne foire aux cadeaux à laquelle je participe aussi.

  3. Bonjour et merci pour votre article. Des maisons d’édition sortent à la saison ou par thème un ebook dans lequel ils proposent en lecture gratuite les premiers chapitres de plusieurs auteurs. Nous pourrions faire de même. J’avais lancé cette idée sur ma page FB mais personne n’a adhéré. Alors, je relance la perche.

    • Voilà une excellente idée ! J’ai d’ailleurs eu l’occasion de lire « florilège de fantasy » des éditions Voyel’ et ça m’avait effectivement donné l’envie de poursuivre la lecture d’au moins un des textes présentés.
      Ma prochaine publication sera de la SF (comme ALE 2100, dont je viens de télécharger l’extrait gratuit), mais mes prochaines parutions seront plutôt de la science-fantasy, par contre.
      Vaut-il mieux séparer par genre (fantasy d’un côté, SF de l’autre), ou mixer le tout, là est la question ! 🙂

    • Je dis « Banco », Sophie ! 🙂 Mais pas tout de suite ^^’ Je dois d’abord achever de corriger le premier épisode du « Chant de l’Arbre-Mère » et ça me prendra sans doute encore quelques semaines.
      Cela dit, ça nous laisse le temps de trouver un ou deux autres volontaires. J’essaierai de contacter des auteurs indé de SF / fantasy, je vous (tu?) laisse faire de même de votre côté?

      • OK pour moi. Allons-y pour le « tu » aussi. Une dernière précision, je suis devenue hybride (auto-éditée et éditée) pour ce même roman ALE 2100, j’ai conservé mes droits sur tout le numérique. Cela peut-il te poser problème ? Si ce n’est pas le cas, je chercherai donc aussi des auteurs de mon côté. Voici mon adresse mail sophinette.ale@orange.fr

    • C’est vrai que j’ai mis « auteurs indépendants » dans le titre de l’article, mais je ne suis pas sectaire, loin de là !
      Mon choix de l’auto-édition n’est pas le symbole d’un rejet des éditeurs, ni d’un rejet des auteurs édités de façon traditionnelle. 🙂 Il y a de la place pour tout le monde et tout le monde est le bienvenue dans mon humble taverne !

  4. Je dis « Banco », Sophie ! 🙂 Mais pas tout de suite ^^’ Je dois d’abord achever de corriger le premier épisode du « Chant de l’Arbre-Mère » et ça me prendra sans doute encore quelques semaines.
    Cela dit, ça nous laisse le temps de trouver un ou deux autres volontaires. J’essaierai de contacter des auteurs indé de SF / fantasy, je vous (tu?) laisse faire de même de votre côté?

  5. Pingback: le statut si particulier de l’auteur indépendant – suite et fin | L'Auberge Blévalienne
  6. Hey, mais c’est super tout ça !!! Je suis à fond pour l’idée d’un florilège de textes en gratuit, dites, je pourrais me joindre à vous ???? (*yeux doux*)

    A part ça, me too suis de CoCy (Citarienne là-bas) et effectivement je suis persuadée qu’à plusieurs, on est plus attractifs. D’ailleurs, j’aime aussi l’idée de Thibault Delavaud : celle d’inviter un auteur à écrire un article sur son blog. Même si pour l’instant je n’ai pas encore eu le temps de voir cela de plus près…

    • Haha, quel bel entouhousiasme. 🙂 Mais le projet que j’évoque est loin d’être finalisé. ^^ Certaines choses se mettent en place, mais tout cela verra-t-il le jour? Mystère.

      PS: sur cocyclics (mais je n’arrive plus guère à aller sur le forum, hélas), je suis « Scalp ».

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