Terra Nova – S1E8 – Rats

Prologue et Sommaire des épisodes

Résumé des épisodes précédents :

Denis Law et Lena Dantes sont parvenus à soutirer à Heinrich Sammer les informations dont ils avaient besoin : le nom des personnes ayant possédé ou possédant peut-être encore les plans du système de protection entourant la salle de navigation du vaisseau-planétoïde Terra Nova. L’un d’entre pourrait avoir aidé les rebelles lors de leur tentative d’infiltration.

Pendant ce temps, une jeune femme du nom de Sylia Grant explore les bas-fonds à la recherche de trésors des temps passés. Dans un atelier isolé, coupé du reste du réseau par des inondations et oublié de tous, elle tombe sur plusieurs dizaines de robots à l’air neuf, puis sur un entrepôt remplis d’armes en parfait état de fonctionnement.

 

Épisode huit :

Nerveuse, pistolet à fléchettes en main, Sylia ressortit de l’armurerie avec prudence. Les raclements s’étaient interrompus, mais ils reprirent soudain de plus belle lorsqu’elle se fut avancée de quelques pas dans le couloir. Sylia se figea, surprise : un imposant rongeur l’observait, ses deux yeux rouges fixés sur elle. Il la jaugeait avec la même tendresse qu’un affamé lorgnant une côtelette saignante.

— Ton amour pour moi me touche beaucoup, murmura la jeune femme.

Elle leva son arme et le dirigea vers la bête. Avant que son état ne se dégrade, son père l’emmenait souvent à la chasse, les bas-fonds étant chaque année davantage envahis par une faune exotique et dangereuse. Sylia enclencha le système de visée de son pistolet et cibla la tête de l’animal : celui-ci ne s’était toujours pas déplacé. En revanche, il s’était dressé sur ses pattes arrière et Sylia estima qu’il devait lui arriver à hauteur de bassin. Elle pressa la détente et lâcha une courte rafale. Trois fléchettes s’enfoncèrent dans le crâne du rat qui s’effondra au sol, le corps parcouru de spasmes.

— Sylia : 1, hostile : 0, déclama Sylia.

Elle remarqua alors que la porte au fond du couloir était entrouverte. Elle s’en approcha avec circonspection, arme en main. Elle commençait à se demander si le jeu en valait la chandelle. Si le rat avait des copains à l’intérieur, cela pouvait devenir dangereux…

Un mouvement sur le côté gauche de son champ de vision alerta Sylia, qui se tourna vivement dans cette direction. Deux robots lui faisaient soudain face, qui ne présentaient pas la moindre similitude avec les autres androïdes de protection présents dans le couloir. Ceux-là étaient sortis de leur niche murale et avaient une allure simiesque, dos courbé en avant et bras allongés jusqu’à toucher le sol, qui déplut à Sylia au premier coup d’œil. Sur les épaules de l’un d’eux étaient fixés des tubes lanceurs de fléchettes. Sur sa tête reposait le canon d’une arme à énergie. Pour l’heure, ils n’étaient pas pointés sur Sylia. L’autre robot, quant à lui, était équipé d’un générateur de champ de force. Le père de Sylia lui avait appris à les reconnaître. Celui-ci semblait en parfait état de fonctionnement. Les deux automates dévisageaient Sylia sans rien dire et ils paraissaient figés dans une attitude empreinte de solidarité autant que de complémentarité : l’un tentant de protéger l’autre face à une intruse. Déconcertée par leur totale immobilité, la jeune femme douta les avoir vu bouger tout en s’étonnant de ne pas les avoir remarqués lors de ses premiers pas dans le couloir. Puis, elle repensa aux armes ainsi qu’aux synthétiseurs de nourriture et aux trousses de soin entreposés à portée de sa main. Son cerveau embraya sur la richesse que cela représenterait, une fois revendus à l’unité sur le marché noir des bas-fonds. Les robots cessèrent aussitôt de faire partie de ses préoccupations immédiates.

En outre, elle commençait à souffrir de son isolement, esseulée qu’elle était au beau milieu de cette zone à l’abandon. Malgré son caractère aventureux, elle avait toujours eu un faible seuil de tolérance à la solitude lorsqu’elle se trouvait éloignée, voire séparée de ses proches. D’habitude, ce handicap ne la gênait pas outre mesure. Déranger le repos de quelques bestioles lui était généralement égal. Mais confrontée à des vestiges d’une ancienne ère de l’humanité, elle se sentait dans la peau d’une étrangère foulant la terre sacrée d’une peuplade éteinte depuis longtemps.

Elle frissonna malgré la chaleur un peu moite du couloir. Tu vas seulement jeter un rapide coup d’œil à ce foutu entrepôt, prendre un synthétiseur et rentrer chez toi ! se promit-elle pour se rassurer.

Décidée, elle se glissa dans l’interstice entre les deux battants de la porte. La pièce derrière était plongée dans le noir et elle dut rallumer sa lampe frontale. Sa lumière avait une portée efficace d’une vingtaine de mètres et partout où elle se tournait, Sylia faisait face à un horrifiant spectacle de désolation. Autour d’elle, ce n’étaient que sacs plastiques éventrés, synthétiseurs couverts de déjections animales et trousses de soins déchirées. Une incompréhensiblemosaïque de débris mêlés de déchets organiques s’étalait devant la jeune femme. Elle s’avançait pourtant dans l’entrepôt, l’air hagard et comme hypnotisée par le carnage, lorsque des couinements aigus lui firent tourner la tête vers la droite. Non loin, un rat était parvenu à activer un synthétiseur miraculeusement encore en état de marche. Il fut bien vite rejoint par une dizaine de ses congénères et ils commencèrent à se disputer la nourriture avec acharnement.

Combattre ces bêtes n’était pas une option aux yeux de Sylia qui recula d’un pas, atterrée de voir définitivement s’envoler ses rêves de richesse. Son pied heurta la carcasse désossée d’un robot qu’elle n’avait pas vu en arrivant. Le bruit que cela produisit attira sur elle l’attention de trois des plus gros rats. Ceux-ci la fixèrent quelques instants de leurs yeux rouges avant de s’approcher d’elle en humant l’air. Sylia les menaça de son arme, mais elle se rendit compte qu’elle ne savait même pas combien de fléchettes il lui restait. Elle se reprocha amèrement de n’avoir pas pris de chargeurs supplémentaires et recula pas à pas vers la sortie. Les bêtes ne la suivirent pas tout de suite. Ils hésitaient visiblement et n’avançaient que lorsque le regard de Sylia les abandonnait. Parvenue à la porte, Sylia poussa un cri : les deux robots du couloir lui coupaient la route. L’un d’eux s’adressa à elle avec une voix chaude, qui aurait aisément pu passer pour celle d’un humain.

— Veuillez décliner votre identité et présenter votre permis de port d’arme, s’il vous plait.

Sylia eut un mouvement de recul et le porteur du champ de force fit un pas vers elle. L’autre visa ostensiblement la jeune femme du canon de ses armes…

Mots à exploiter, tirés du blog d’Asphodèle – Les plumes de l’écriture:

Tendresse / peau / solidarité / incompréhension / mosaïque / regard / amour / handicap / souffrir / tolérance / dispute / similitude / solitude / séparation / complémentaire / richesse / éloignement / étranger / égal / déranger / combattre / hagard / herbage / horrifiant.

Les plumes d'Asphodèle

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5 réflexions sur “Terra Nova – S1E8 – Rats

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  4. Haaa ! Je vais cauchemarder toute la nuit, je suis phobique rats à 300% et j’en ai depuis deux ans de temps à autre dans mon jardin à cause du compost qu’on a été obligés d’installer (vive l’écologie), résultat, le compost étant « dératisé », il ne peut pas servir d’engrais… D’ailleurs je songe à le supprimer car ces bêtes là, si on ne les stérilise pas reviennent sans cesse… Cela dit, j’ai trouvé cet épisode moins enlevé que les autres, peut-être à cause de certaines descriptions un peu longuettes mais bon, c’est un tout petit bémol, compte-tenu de mon état d’esprit et de mon goût modéré pour les armes et autres robots… 😆 sans parler des rongeurs !!!

    • Navré pour les descriptions. 🙂 On va essayer de remettre un peu d’action dans tout ça rapidement. 😀

      Et désolé pour les rats. Je vais tâcher de les exterminer vite fait, au lance-flamme, promis !

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