Dead End / L’impasse

Ce texte a fait l’objet d’une version corrigée, que vous pouvez lire ICI.

N’hésitez pas à lire les deux versions si vous voulez constater le chemin parcouru.

La file de voitures étirait sa rouille le long des rues et avenues de la cité abandonnée. Les immeubles vides, aux fenêtres cassées, semblaient se pencher un peu plus chaque jour vers ces témoins muets de l’âge d’or de l’humanité. Certains menaçaient de s’écrouler à chaque instant.

D’autres les avaient précédés depuis longtemps et leurs gravats jonchaient les trottoirs, les rendant totalement impraticables.
Même en plein été, le ciel ne bruissait plus du bourdonnement des abeilles ni du chant des oiseaux. Dans le ciel, le silence régnait en maître absolu.
Au centre-ville, le théâtre et le cinéma étaient retombés dans l’anonymat le plus total. La foule avait disparu qui, naguère, battait le pavé avec animation pour assister au jeu des comédiens et entendre les airs de célèbres musiciens.

Désormais, les visites que recevaient les sièges désossés et les scènes effondrées se limitaient à une armée de rongeurs, de chats sauvages et de chiens errants. Ceux-là faisaient partie des rares espèces à avoir survécu à la folie humaine, le ciel étant désormais vide de toute présence animale.

Dans les parcs alentours, cependant, des écureuils se faufilaient encore le long des troncs d’arbre.

La première semaine du cataclysme que les hommes avaient voulu provoquer de façon ciblée, puis qu’ils n’avaient pas su empêcher de s’étendre au monde entier, la moitié du règne animal avait péri. Le mois suivant, c’étaient les trois quarts de la faune et la quasi-totalité des êtres humains qui avaient disparu de la surface de la terre. Les quelques survivants étaient retombés dans la sauvagerie et ne tarderaient pas à s’éteindre pour de bon.

Depuis le cataclysme, la nature peinait à reprendre le dessus. Il paraissait pourtant inévitable qu’elle y parvienne, avec le temps. Bientôt, de nouvelles racines crèveraient le bitume des ruelles, que coloniseraient peu à peu les insectes rampants sur cette terre malade, mais en voie de guérison.

Déjà, les roues des voitures et des bus alignés en longues et immobiles files indiennes, étaient enserrées de lianes et de lierre. Même si par miracle leurs moteurs aphones avaient encore pu fonctionner, tous ces véhicules cloués au sol ne pourraient plus fuir nulle part. Au contraire, ils semblaient flâner dans la ville et formaient un impressionnant embouteillage de plusieurs centaines de kilomètres.

Dans cet espace urbain déserté, les derniers lieux à avoir connu la cohue des heures de pointe avaient été les gares. Dans les ultimes instants, les hommes s’y étaient réfugiés en masse, dans le vain espoir de monter à bord du dernier train en partance des grandes métropoles pour rejoindre ces lointaines campagnes qu’on avait dit épargnées. La réalité, bien sûr, s’était empressée de démentir ces rumeurs absurdes.

Car nulle région n’avait été épargnée, pas même les îles les plus isolées. Les courants marins s’étaient chargés de charrier le virus comme les vents l’avaient fait aux premiers instants du cataclysme.

La population humaine, déjà en chute constante avant les prémices du désastre du fait de la raréfaction des matières premières essentielles à sa survie au fil des décennies précédentes, s’était-elle finalement résignée à commettre un suicide collectif ?

Pas une voix, en tout cas, ne s’était élevée pour faire cesser les recherches du laboratoire Dead-End, financé par de puissants fonds privés. « Il n’y a pas trente-six solutions », proclamaient-ils alors, pour justifier leurs travaux. « L’humanité doit entamer une phase de décroissance ou périr, à très court terme ».

Les résultats avaient dépassé leurs espérances les plus folles.

Dans l’hôpital privé où étaient nés les germes de la destruction de l’humanité, au sein de l’espace d’isolement où tout avait commencé, les derniers cadavres d’êtres humains achevaient de se décomposer, dans l’indifférence générale.

 

Mots à exploiter, désignés par le blog d’Asphodèle – Les plumes de l’écriture:

Voiture / rue / immeuble / abeille / théâtre / anonymat / animation / pavé / visite / parc / asphalte ou bitume / bus / fuite / flâner / embouteillages / urbain / gare / cohue / chuter / constant ou constance / hôpital

Les plumes d'Asphodèle

Les plumes d’Asphodèle

 

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23 réflexions sur “Dead End / L’impasse

  1. Pingback: LES PLUMES 25 – LES TEXTES EN VILLE ! | Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture
  2. Je reste sur ma faim. Bon, c’est format blog, donc c’est mieux que ça ne soit pas trop long. Cependant, ce texte gagnerait à être plus long, qu’on en sache plus sur les recherches menées par ces scientifiques fous.
    Et le début doit être retravaillé, il y a trop de répétitions. Par exemples (entre autres) : La file de voitures étirait sa rouille le long des rues et avenues/Déjà, les roues des voitures et des bus alignés en longues et immobiles files indiennes ou Dans le ciel, le silence régnait en maître absolu./le ciel étant désormais vide de toute présence animale. -> dommage pour le ceil, car la première perd de sa force à cause de la seconde.
    Sinon, euh si tu préfères que je te dise tout ça par mail, dis-le moi. 😉 (je me permets, parce que c’est aussi ce que j’attends de mes lecteurs, qu’ils me disent où sont les failles, pour progresser)

  3. Olivia t’a dit ce qui clochait, c’est bien : beaucoup de redondances et la chute un peu trop apocalyptique dans la mesure où on pense que les travaux de labo n’ont mené à rien ? Je n’ai peut-être pas tout saisi ! 🙂

  4. Tu as de redoutables professeurs, qui ne te laissent rien passer.
    Personnellement, j’ai trouvé ton texte flippant, ce qui prouve que ton objectif est atteint. Me trompé-je?

    • Tu ne te trompe pas. 🙂 merci d’avoir lu mon texte Célestin! Ce soir je n’ai pas eu le courage de corriger selon les retours des professeurs Olivia et Asphodèle, mais je le ferai néanmoins dès que possible demain. Bonne soirée!

  5. Tu es très bon je crois et Olivia et Aspho vont te rendre encore mieux je vois !! bravo…….Pour moi je n’ai rien à dire n’etant qu’une petite joueuse !

    • Merci Ethunelle! Ce qui me fait peur c’est que je trouve que le futur que je dépeints ici ne me paraît pas totalement irréaliste. On se dirige tout droit vers une catastrophe. On ne peut qu’espérer trouver une solution viable avant qu’il ne soit trop tard. ..

  6. Pingback: L’impasse – version corrigée | L'Auberge Blévalienne
    • Le malaise ressenti est normal. Il est lié selon moi au caractère crédible de cette idée. Peut être pas de façon aussi radicale cela dit: en cas de catastrophe liée au manque de ressources qui nous pend au nez il y aura des survivants, bien sûr. Qui se battront probablement à mort pour un lopin de terre exploitable et irriguée. Et n’oublions pas le risque technologique lié à l’arrêt de l’entretien des usines chimiques et autres centrales ( nucléaire en tête). Combien de temps sans entretien avant que nos centrales n’explosent?

  7. Pingback: News hebdomadaire n°7 | L'Auberge Blévalienne

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