Chronique – Lionel Behra – Les Arcanes du temps

Lien vers la page du livre aux Editions Rebelle

Titre : Les Arcanes du Temps
Auteur : Lionel Behra
Editeur : Rebelle
Nombre de pages : 441 pages sur ma liseuse kobo… 426 pages en version papier selon le site de l’éditeur

Quatrième de couverture :

Et si les voix que Jeanne d’Arc prétendait entendre n’étaient pas d’origine divine et que la réalité se révélait plus stupéfiante encore ? Et si une technologie de voyage intertemporel permettait d’agir sur le passé pour modifier le présent?
Après de multiples aventures, Khéléan va découvrir que notre Histoire n’est que le fruit d’une incroyable machination…

A lire absolument si on aime :
– Les voyages dans le temps rondement menés
– Des personnages humains et crédibles, avec leurs forces et leurs faiblesses
– De l’aventure, un côté épique
– Un décor fouillé, des recherches historiques (et une redécouverte de notre histoire) sous-tendant l’intrigue sans pour autant devenir un livre d’histoire

A éviter si on cherche :

– La violence gratuite
– Les mauvais sentiments

Mon avis :
Au début, j’avoue, je me suis un peu perdu dans les noms. J’ai aussi eu du mal (au début, toujours) à voir comment les différents personnages allaient bien pouvoir interagir ensemble, quels rapports ils pouvaient avoir les uns avec les autres. Il y a pas mal de personnages avec des histoires forts différentes, il faut dire. De plus, j’ai eu un bête problème de liseuse pendant 2 semaines, ce qui a coupé ma lecture assez rapidement après le début (vers 14%). Bref, cela ne m’a pas aidé à entrer dans l’histoire, de façon totalement indépendant de la qualité du livre.

Pour autant, malgré ce nombre relativement important de personnages, aucun d’entre eux ne m’a semblé avoir été inutile (j’ai un peu hésité au sujet de l’un d’entre eux, mais j’ai fini par changer d’avis). Dans certains livres, un au moins des personnages semble « ajouté » à la dernière minute sans avoir de rôle réel. Ici, je ne l’ai pas ressenti. Au contraire, chacun des personnages apporte un réel plus à l’histoire, selon moi, même s’il y a évidemment des personnages plus déterminants pour l’intrigue que d’autres.

Concernant les voyages dans le temps, je n’ai pas détecté d’incohérence, même si je n’ai personnellement pas totalement la même façon d’envisager les implications d’un retour vers le passé. Mais après tout, l’auteur ne donne pas forcément sa vision des choses, mais seulement celle de ses personnages. Eux-même ne sont d’ailleurs pas tous d’accord sur le sujet.

Sur le fond de l’histoire, passés les 2-3 tous premiers paragraphes qui m’ont fait un peu hésiter, et une fois résolu mon problème de liseuse, je suis assez rapidement entré dedans et n’en suis plus ressorti jusqu’à la fin. Les Arcanes du temps sont pour moi un bon livre, agréable à lire et au style fluide, qui s’efface efficacement derrière l’histoire, celle-ci gardant clairement la priorité tout au long du livre.

Le petit plus du livre :
L’optimisme prévaut malgré tout, sans jamais tomber dans la naïve candeur. C’est également un livre qui sait jouer sur les rebondissements et être « vrai » jusqu’au bout malgré le thème SF du voyage dans le temps, qui aurait pu inciter l’auteur à céder à la facilité, comme certains avant lui.

‘Pataphysique et boucle temporelle…

« Un déclic, le son de la bande qui commence à tourner, puis la voix de Thom s’élève dans la pièce :

— « Fête Suprême Quarte de Sainte Marmelade », lut-il péniblement. Markus, mais c’est quoi ce délire ?

— Ce n’est pas un délire, c’est une fête que j’ai imaginée pour aller avec l’invention du siècle.

— Laquelle ?

— Je parle de l’invention phare de la fin du 19éme siècle. Autrement dit, de la ‘Pataphysique.

— La « quoi » ? s’exclama Thom, manifestement incrédule.

— La science des exceptions. Tu verras, demain tu seras un expert en la matière, je te le garantis. »

À ce stade, Markus Jarry arrête l’enregistreur. Puis, il relève la tête pour fixer Thom du regard

— Tu as reconnu ta voix, non ?

— Oui, j’avoue, c’est bluffant. Et je n’ai aucun souvenir de cette conversation.

— Tu me crois, maintenant, quand je te dis que les voyages dans le temps peuvent modifier notre vie ? Hier encore, tu me soutenais mordicus que toute tentative d’influencer un évènement du passé ne pouvait que créer un nouvel espace-temps parallèle, sans du coup changer notre propre présent. Alors ?

— Bon, ok, tu m’as eu. Bien sûr, j’ai déjà entendu parler de cette Science et je sais que Boris Vian a été satrape du collège de ‘Pataphysique. Mais tu avais vraiment besoin de trouver des noms pareils ? « L’ordre de la grande gidouille »… Sérieusement, c’est quoi ton problème ?

— Tout le monde a droit à son petit délire, non ? rétorque Markus, vexé comme un pou.

***

Le 19 février 2150, pour gagner un pari, un voyageur du futur décide de créer la Science de la ‘Pataphysique. Il en suggère l’idée à Alfred Jarry, un lointain ancêtre et glorieux inconnu jusqu’alors.